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Ici est ailleurs mais ailleurs est ici...

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Avancée maoïste aux élections népalaises

Publié le 18 Avril 2008 par Blanche dans Divers

Avancée maoïste aux élections népalaises

vendredi 18 avril 2008, par Blanche Mattern


 

Alors que les maoïstes se profilent comme vainqueurs des élections constituantes du 10 avril, la Commission Électorale annonce la reconduite des élections dans certaines circonscriptions.


 

Les élections qui doivent faire basculer l’unique monarchie hindouiste au monde vers une démocratie se sont déroulées jeudi 10 avril dans un calme relatif.


 

Du dernier jour de campagne à la veille du scrutin des bombes ont explosé dans le pays, notamment au siège de la Commission Électorale à Katmandou. Le 8 avril, Rishi Prasad Sharma, représentant le Parti Communiste Népalais (formation rivale des maoïstes) était assassiné, son décès entraînant la mise en place d’un couvre-feu dans le district de Surkhet (moyen ouest). Outre les dispersions parfois violentes des manifestations népalaises, la police a également usé à plusieurs reprises de la force pendant les manifestations tibétaines. Mais, critiquées par les Nations Unies et les organisations internationales de défense des droits de l’Homme, les forces de police ne sont pas intervenues lundi 14 lors du rassemblement contre la répression chinoise au Tibet qui a réuni près de 4000 réfugiés tibétains, témoignant alors d’un désir de retour au calme.


 

Des manifestations dispersées violemment, un candidat assassiné, l’explosion répétée de bombes ont apportés son lot de difficultés aux premières élections népalaises se déroulant depuis neuf ans dans le pays.


 

Des scrutins annulés

 

Selon The Himalayan Times du mardi 15 avril, près de 9000 votes auraient été invalidés dans le district de Kavre (centre). Plus exactement, il s’agirait de 9 155 votes annulés sur 210 410 scrutins exprimés dans quatre circonscriptions du district, amenant le taux d’invalidation à 4,35%. La Commission Électorale vient d’annoncer que des votes ont été annulés dans 98 bureaux de votes. Le 10 avril, au soir des élections, cette même commission parlait déjà de rouvrir 33 des 20 879 bureaux de votes népalais. Les scrutins sont alors reconduits dans plusieurs circonscriptions et les résultats définitifs ne seront pas connus avant plusieurs semaines … retardant d’autant plus la formation de l’Assemblée Constituante.


 

Avancée remarquable des maoïstes

 

Avec près de 60% de participation, le CPN-M (Parti Communiste Népalais-Maoïste) emporte d’ores et déjà 115 sièges sur les 212 dont les résultats ont été dépouillés. Le parti du Congrès Népalais, du Premier Ministre Girija Prasad Koirala, emporte 32 sièges. Marqué par une nette perte d’influence, le - autrefois puissant - CPN-UML, Parti Communiste Népalais Union Marxiste Léniniste, ne dispose pour le moment que de 30 sièges.

A peine sorti de la guérilla qui a fait rage de 1996 à 2006 sur le territoire népalais, le CPN-M, s’annonce comme grand leader de la politique népalaise de demain. Les élections voient également l’émergence de petits partis comme le MJF, Madhesi Janadhikar Forum, dirigé par l’ancien maoïste Upendra Yadav, qui réclame l’autonomie renforcée de la région du Teraï et qui remporte 27 sièges.

Une fois les scrutins dépouillés dans leur totalité, les 601 députés de l’Assemblée Constituante auront à charge de faire disparaître une monarchie vieille de plus de 240 ans. Processus amorcé le 21 novembre 2006, lors de la signature d’un traité entre les sept partis népalais et les maoïstes engageant le Népal dans la voie de la démocratie et dont les élections du 10 avril constituaient l’étape décisive.


 

Le CPN-M affiche sa détermination à vouloir changer le Népal en s’accrochant fermement aux idées de fédéralisme, de représentations des communautés défavorisées et d’ethnies minoritaires. Couplé au fort sentiment d’animosité à l’encontre du roi autocrate Gyanendra dont font part la majorité des népalais, le parti - inscrit sur les listes des groupes terroristes des Etats-Unis et de l’Inde - a aujourd’hui le soutien de la plus grande part des électeurs népalais et toutes les chances de transformer son pays en démocratie.

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Elections à Sri Lanka, l'Angleterre perturbe le jeu

Publié le 11 Avril 2008 par Blanche dans Divers

http://www.lecourant.info/spip.php?article1205

Publié le 11 avril 2008

 

Elections à Sri Lanka, l'Angleterre perturbe le jeu

 

Alors que des élections prétendues libres se tiennent pour élire un conseil provincial à l'est du pays, la Grande-Bretagne relâche Karuna, ancien chef de la faction Est des LTTE, engagé dans une lutte acharnée contre son ancien mouvement et soutenu par le gouvernement.

 

Des élections sous tensions

 

Samedi 10 mai s'est tenue dans la province Est de Sri Lanka l'élection d'un conseil provincial, le premier mis en place depuis 1988.

 

L'élection de ce conseil, dont les résultats ne sont pas encore connus, devrait permettre à la province de se remettre dans le chemin de la démocratie et de relancer le développement d'une zone fortement touchée par la guerre qui se déroule sur le territoire depuis près de trente ans et par le tsunami de 2004.

 

Plus d'un million d'électeurs ont pu se rendre dans les 1022 centres de votes de Trincomalee, Ampara et Batticaloa pour choisir parmi les quelques 1342 candidats qui concourraient pour les 35 sièges disponibles au sein du conseil. Une multitude de candidats représentants 18 partis politiques et 73 groupes indépendants, de quoi perdre l'électeur...

 

Bien que présentées comme des élections justes et libres permettant à la population locale de se sortir de l'impasse économique et humaine dans laquelle la guerre l'a plongée, les élections ne se sont pas déroulées sans heurts et ont été largement critiquées.

 

La fin de la période pré-électorale a été marquée par une paralysie de quelques heures du réseau ferroviaire jeudi 8 mai suite à la découverte d'un colis suspect, colis qui s'est avéré être un sac rempli de vieux vêtements... Vendredi soir, l'explosion d'une bombe dans un café très fréquenté d'Amparai a causé la mort de 11 personnes. La journée de scrutin a commencé sur une attaque des Black Tigers, commando suicide des LTTE, qui a coulé un navire de l'armée sri lankaise amarré dans le port de Trincomalee. Une ambiance plus que scabreuse qui aurait pu pousser certains citoyens à ne pas se rendre aux urnes.

 

La CAFFE, organisation de surveillance qui œuvre pour des élections démocratiques, annonçait la semaine dernière avoir reçu non loin de 38 plaintes concernant des violences liées aux élections. L'organisation qui avait -à juste titre- prévu une montée de violences dans la région a déployé des volontaires locaux formés au travail de surveillance et des unités de surveillance mobile sur les districts le jour des élections. Ce sont plus de 17 000 surveillants qui ont été chargés de mener à bien le déroulement du scrutin sur l'ensemble des bureaux de vote.

 

La réaction des partis politiques a également été sévère à l'égard de ces élections. L' UNP -United National Party- principal parti d'opposition et le SLMC -Ligue Musulmane Sri Lankaise- sont allés jusqu'à accuser le gouvernement de remettre la province par le biais des urnes aux mains d'un groupe armé, et ce malgré l'engagement annoncé de rétablir la démocratie. Ces accusations viennent après les protestations de l'UNP, de la SLMC et du JVP contre le réarmement paramilitaire qui serait en train d'avoir lieu dans la province orientale. En effet les élections qui s'étaient tenues en mars dans le district de Batticaloa avait été emportées par le parti du TMVP, parti proche de la faction Karuna qui avait fait scission en 2004 du mouvement des LTTE et qui est connu pour être soutenu par le gouvernement. De son côté le gouvernement de Rajapakse a tenu à écarter les questions relatives à la dangerosité de ce parti, parti tout de même accusé d'enlèvements et de mises à mort extrajudiciaires. Le président Rajapakse a également promis, lors d'un programme télévisé, aux villageois de la province qu'ils obtiendraient réponse à leurs aspirations. Aspirations dont on ne connait pas la teneur et qui peuvent aller de la reconstruction des zones sinistrées aux mêmes demandes que les Tigres et promesse que l'on peut imaginer comme difficile à mettre en œuvre.

 

A première vue, les élections du conseil provincial s'inscrivent dans la stratégie militaire du gouvernement contre les LTTE. La côte Est est censée être dégagée de l'emprise des Tigres et si les tamouls de la région arrivent à s'organiser au côté des musulmans, présents également dans la région, les chances de constituer une administration provinciale efficace seraient grandes. Cette administration pourrait alors reprendre en main le développement de la région tout en respectant la volonté de la population et sans emprise séparatiste ou gouvernementale. La zone nord de Jaffna resterait alors le dernier îlot de violence entre gouvernement et LTTE.


 

Karuna relâché, de quoi alimenter les craintes des politiques

 

Alors que le parti TMVP, dont Karuna est l'ancien président, a remporté les élections de Batticaloa en mars et que certains partis s'inquiètent d'une possibilité de reprise de la province Est par un groupe paramilitaire, le Royaume-Uni choisi de relâcher l'ancien rebelle Karuna, relaxe qui n'est pourtant pas liée aux élections et relève de la pure coïncidence mais également d'un très mauvais « timing ».

 

Karuna connu comme l'ancien numéro deux des LTTE et comme le chef de la faction Est a fait scission du mouvement en 2004 créant un mouvement indépendant, le TMVP largement soutenu par le gouvernement. Sa faction est tristement connue pour ses nombreux actes de violation des droits de l'Homme, violations dénoncées activement par UNICEF, HRW -Human Rights Watch- et Amnisty International. A son actif on ne compte plus les cas de torture, de kidnapping d'enfants pour en faire des soldats, d'assassinats... actes qu'il profère depuis son entrée dans les rangs des LTTE mais également depuis sa scission mais alors dans une autre optique, celle de la guerre contre les LTTE.

 

La Haute Commission Britannique a déclaré à Colombo que « le service d'accusation de la couronne avertissait le service de police métropolitain qu'il y avait une insuffisance de preuves pour fournir une perspective réaliste de condamnation de délits au Royaume Uni ». L'ancien Tigre Karuna Amman était emprisonné en Grande-Bretagne depuis novembre 2007 pour être entré sur le territoire avec un faux passeport. Suite à la déclaration du gouvernement britannique Amnisty International a demandé à la police britannique d'annoncer qu'elle apporterait une protection appropriée à tout témoin se signalant et ce de façon à ne pas perdre de témoignages par peur de représailles. Le HRW de son côté à indiqué qu'il espérait que de nouveaux témoins se présentent avant que Karuna ne quitte le pays et qu'il s'agissait de la part du gouvernement britannique d'une opportunité tragiquement manquée de traduire en justice un criminel bravant notoirement les droits de l'Homme. Jim Ross, avocat pour le HRW indique également que “ [Karuna] doit-il retourner à Sri Lanka, le gouvernement sera tenu de le poursuivre pour les crimes présumés tel que les enlèvements d'enfants ou les meurtres – il [le gouvernement sri lankais] n'a aucune excuse pour ne pas procéder ainsi”.

 

Bien qu'il n'y ait pas de rapport direct entre la tenue des élections à l'Est, le lien gouvernement-TMVP et la relaxe de Karuna, on peut se demander dans quelle mesure le gouvernement britannique aurait pu juger l'ex-séparatiste engagé dans une lutte contre son mouvement mère sans se mettre à dos l'ensemble du gouvernement sri lankais. Pour autant le choix stratégique de renvoyer Karuna sur le territoire sri lankais est-il le meilleur alors que le gouvernement britannique peut juger sur son territoire l'une des plus grandes menaces pour les droits de l'Homme à Sri Lanka, menace qui est alliée au gouvernement... D'autant qu'une coalition d'organisations de défense des droits de l'Homme

comprenant HRW, IFJ -Fédération Internationale des Journalistes-, Aticle 89 et RSF vient d'envoyer une demande aux états membres du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme appelant à ne pas voter pour les candidats sri lankais lors de l'élection des nouveaux membres du commissariat devant se tenir le 21 mai 2008.

 

 

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Le gouvernement Sri Lankais se sentirait-il menacer ?

Publié le 8 Avril 2008 par Blanche dans Divers

http://www.lecourant.info/spip.php?article1041

8 avril 08

 

 

Le gouvernement Sri Lankais se sentirait-il menacer ?

 

 

 

 

 

En ligne de mire des défenseurs des droits de l’Homme, Colombo se défend en abusant de propagande.

 

A l’heure où l’UTHR (University Teachers for Human Rights, Jaffna, Sri Lanka) publie un rapport impliquant directement l’armée sri lankaise dans le meurtre des 17 membres d’Action Contre la Faim en 2006 à Mutur (Sri Lanka), que le documentaire « Ma fille la terroriste » est diffusé en France et aux U.S.A, le ministre de la défense diffuse pour sa part une vidéo intitulée « Madness of Terrorism » destinée à faire connaître au grand public l’inhumanité du combat des LTTE.

 

Le massacre de Mutur

 

Le 6 août 2006, les corps des dix-sept membres tamouls de l’ONG Action Contre la Faim (ACF) étaient retrouvés sans vie, une balle dans la nuque, dans les locaux de la ville de Mutur. Alors qu’à l’époque de nombreuses organisations avaient sous-entendu l’implication du gouvernement dans ces meurtres, Colombo niait de son côté toute relation avec cette affaire. Les trois enquêtes ouvertes à l’époque - au niveau judiciaire, des droits de l’Homme et présidentiel – étaient restées sans résultats, au grand regret d’ACF.

 

Dans un rapport publié la semaine dernière, l’UTHR1 attribue ces meurtres aux forces de l’armée Sri Lankaise et accuse le gouvernement d’avoir couvert l’affaire. Plus précisément ce sont deux policiers et un garde qui sont la cible de ce rapport. Comme à l’accoutumée, le gouvernement en plus de nier son implication a imputé le crime aux forces séparatistes LTTE.

 

L’organisation Human Rights Watch, qui vient de publier un rapport accusant le Gouvernement comme principal organisateur des multiples enlèvements et disparitions sur le territoire, a souligné le travail d’enquête et d’investigation de l’UTHR, principalement basé sur des témoignages. Mais alors que Colombo témoigne des efforts faits pour essayer de résoudre l’enquête, trois des témoins de l’UTHR ont été assassinés, un est porté disparu et plusieurs ont déjà fuit le pays.

 

Connu comme le premier crime contre du personnel humanitaire dans l’histoire de Sri Lanka, le massacre de Mutur – qui a entraîné le départ d’ACF et un grand malaise dans le monde humanitaire – n’est que le début d’une liste comprenant également le meurtre de membres de la Croix Rouge de Sri Lanka. Au regard de la tenue de l’enquête, le gouvernement se trouve une nouvelle fois en ligne de mire des organismes de défense des droits de l’Homme et de la communauté internationale.

 

 

Réactions incendiaires du gouvernement sur le film « Ma fille la terroriste »

 

Le jour même où le rapport de l’UTHR est connu du grand public, le Festival International du Film des Droits de l’Homme de Paris diffuse un documentaire norvégien intitulé « Ma fille la terroriste ». Trois jours plus tard, le film est programmé aux Etats-Unis dans le cadre du Full FrameDocumentary Festival.

 

Le documentaire dresse le portrait de deux jeunes femmes Black Tigers, le commando-suicide des LTTE. Cette branche du terrorisme tamoul est la plus crainte au regard de sa facilité à s’infiltrer dans l’administration. Tout en pointant sur le conditionnement terrible exercé sur les « candidats au suicide », le documentaire montre que les mauvaises conditions de vie des déplacés tamouls, la peur constante des attaques aériennes de l’armée, l’avenir incertain ne sont pas innocents dans la formation du terrorisme. Loin de l’idée d’accréditer le terrorisme, le film tend plutôt à montrer l’implication indirecte du gouvernement dans sa formation.

 

La réponse du gouvernement est immédiate. Le 4 avril, le ministre des affaires étrangères affirme que le film justifie les attentats-suicides, que la productrice Beate Arnestad a filmé sans aucune autorisation - mais ne devrait-elle pas être libre de filmer ce que bon lui semble ? – et que les expatriés Sri Lankais aux Etats-Unis ont été outragés et indignés de la programmation d’un tel film, alors qu’il n’avait jamais encore été diffusé et ne le serait que quelques heures après la déclaration du ministre. Aucune réaction par rapport à la diffusion française, peut-être dû à la présence du Secours Catholique-Caritas pendant les débats qui suivaient la projection…

 

Et réponse immédiate…

 

Coincée entre la galerie vidéo des actions humanitaires et celle des actions militaires, se trouve la galerie vidéo intitulée « atrocités des LTTE » du site du ministère de la défense2. Comme pour justifier sa position de « sauveur du peuple » et répondre aux accusations directes de l’UTHR et indirectes du documentaire « Ma fille, la terroriste », le gouvernement vient d’ajouter à sa collection la vidéo « Madness of Terrorism » - « La folie du terrorisme ».

 

Une minute de morale qui semble s’appuyer sur l’endoctrinement effectué par le groupe séparatiste et évoqué dans le documentaire norvégien. Une minute vingt sur le thème de l’infiltration efficace de l’administration par les Black Tigers. Et pour conclure l’attentat-suicide en question, qui repasse au ralenti, image par image.

Le gouvernement qui a toujours incriminé les actions des Black Tigers les posent ici comme les innocentes victimes de Prabakharan – commandant en chef des LTTE – le « mégalomane qui hait tout le monde excepté lui-même » et qui « a volé la vie et le futur » de la jeune femme de la vidéo. Le gouvernement ne manque pas de préciser qu’il vit luxueusement et donne l’ordre de tuer dans l’optique d’une « sous-entendu libération de son peuple », que cette jeune femme avait sûrement une famille aimante et qu’elle-même serait elle même devenue une « femme et mère aimante ». Le ministère de la défense souligne que le site « defence.lk diffuse cette vidéo (…) pour montrer qu’il faut éliminer le terrorisme de notre monde ».

La vidéo, diffusée également You Tube, ne manque pas de personnaliser la victime sur fond de photo d’identité accompagné du message «la connaissez-vous ? Informer l’inspecteur général de la police de Colombo ».

 

Bien que le discours précédent la vidéo est entièrement justifiable, qu’il ne fait nul doute que les actes d’attentats-suicides ne sont que purement et cruellement meurtriers et qu’ils ne font en aucun cas avancer le débat et encore moins le solutionner, il est nécessaire de poser la question du revirement soudain du gouvernement face à la condition des Black Tigers, jusqu’à présent considérés comme de cruels terroristes et aujourd’hui présentés comme victimes.

A l’heure où la presse contestataire Sri Lankaise est quasiment anéantie – au sens propre comme figuré -, où les observateurs de la paix ont été contraints de se retirer du territoire et où le gouvernement refuse la présence de commission de surveillance des Droits de l’Homme, Colombo aurait-il peur d’une possible exposition des crimes, des atteintes aux droits de l’Homme et de la « sale guerre » qu’il mène tous les jours ?

Plus que toujours en ligne de mire de la communauté internationale, Colombo tente de soutenir les raisons qui le pousse à combattre si violemment le séparatisme tamoul et de ne pas se poser comme terroriste. La communauté internationale ne doit pas pour autant et malgré tous les incidents imputés au gouvernement, oublier de condamner activement les actes des LTTE. Actes qui se veulent très meurtriers et qui bravent également largement les droits de l’Homme : entre attentats, assassinats, enlèvement et enrôlement grandissant d’enfants dans leurs troupes.

 

 

AVERTISSEMENT: Les images suivant la 2e minute 30 peuvent choquer

http://www.youtube.com/watch?v=sUdUEOVdEuc

 

 

Rapport de l’UTHR sur le massacre de Mutur

Encodé http://www.uthr.org/SpecialReports/Spreport30.htm#_Toc194769938

 

Notre article sur le rapport du HRW

Encodé http://www.lecourant.info/spip.php?article931

 

Notre article sur le film « Ma fille, la terroriste »

Encodé http://www.lecourant.info/spip.php?article971

 

 

 

 

 

 

 

1 http://www.uthr.org/ encodé sur le mot UTHR

2 http://www.defence.lk/ encodé sur ministère de la défense

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Clôture du 6eme Festival International du Film des Droits de l’Homme

Publié le 4 Avril 2008 par Blanche dans Divers

http://www.lecourant.info/spip.php?article1007

04-04-08

 

 

Clôture du 6eme Festival International du Film des Droits de l’Homme

 

 

La 6eme édition du Festival International du Film des Droits de l’Homme de Paris s’est clôturée mardi 1er avril sur la diffusion du film « Chasseurs de dictateur ». Sur les trente deux films diffusés lors du festival, vingt-deux étaient en compétition dans les catégories Documentaires de création et Dossiers et Grands reportages. Les prix ont été remis lors de la soirée de clôture.

 

 

Catégorie Documentaires de Création

 

C’est aux professionnels du cinéma et à un chercheur en sociologie que l’on a confié le rôle de départager les onze films qui concourraient dans la catégorie Documentaires de Création.

Gilles Bataillon, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et spécialiste de l’Amérique latine, Camille Jouhair, fondateur de l’association « Regards sur les Cinémas d’Afrique et du Sud » et du festival « Regards sur le cinéma du Sud » et Jean-Baptiste Legrand, producteur de cinéma et co-fondateur du mouvement de soutien aux sans-abri « Les enfants de Don Quichotte », ont attribué le Prix Spécial du Jury au film « Mourir à Jérusalem » et le Grand Prix du Festival au film « Ma vie dedans ».

 

Réalisé par l’israélienne Hilla Medalia, « Mourir à Jérusalem » approche le conflit israélo-palestinien au travers de l’histoire qui lie tragiquement deux mères : l’attentat-suicide qui causa la mort de leur fille respective. Bien que la première se trouve être l’assassin de la seconde, c’est la même perte qui est ressentie par les deux familles. Du côté palestinien comme du côté israélien ce sont aujourd’hui les mêmes questions et les mêmes espoirs de paix qui sont évoqués par les deux familles.

 

« Ma vie dedans », réalisé par la mexicaine Lucia Gaja, touche un tout autre sujet. Au travers de l’histoire de Rosa, arrivée illégalement au Mexique à l’âge de 17 ans et emprisonnée pour l’assassinat du bébé qu’elle gardait, le film aborde le thème du système judiciaire et carcéral américain et surtout le sort des immigrés mexicains aux Etats-Unis.

 

Catégorie Dossiers et Grands Reportages

Pierre Guyot, journaliste, Karim Lahidji, président de la Ligue de Défense des Droits de la Défense des Droits de l’Homme en Iran et vice-président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme et Christian Vélot, enseignant-chercheur en génétique moléculaire et engagé dans la lutte pour l’information sur les OGM, composés le jury de la catégorie Dossiers et Grands Reportages.

Le Prix Spécial du Jury revient à « Chasseurs de dictateurs », réalisé par la norvégienne Klaartje Quirijns, qui retrace le parcours Reed Brody dans sa traque infernale du dictateur tchadien Hissène Habré afin qu’il soit traduit devant la justice. Depuis sept ans, le conseiller juridique et porte-parole de l’organisation américaine Human Right Watch, tente de faire juger le dictateur accusé d’avoir provoqué la mort de milliers de ses concitoyens.

Le Grand Prix du Festival a été accordé au tapageur « War Made Easy : la guerre pour les nuls », réalisation américaine de Loretta Alper et Jeremy Earp sur le thème des médias américains. Film dans lequel les réalisateurs n’hésitent pas à faire passer les américains pour des innocents incapables de comprendre et de prendre position face à une politique extérieure dévastatrice.


 

La 7eme édition du FIFDH aura lieu au printemps 2009, mais le festival continue tout au long de l’année par les « jeudis du festival », tous les 2e jeudi du mois au cinéma Action Christine, 6 rue Christine 75006 Paris. « Rwanda, à travers nous l’humanité… », de Marie-France Collard, film exposant la réalité rwandaise en donnant la parole aux rescapés du génocide, sera projeté le jeudi 10 avril à 20h30.

Les trophées sont réalisés par François Piquet, 25 chemin de la roche, Dubedou, 97118 Saint-François 0590 47 08 94 / 0690 36 86 24, francoispiquet@orange.fr


 

 

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Triage : le dilemme humanitaire du Dr. Orbinski

Publié le 1 Avril 2008 par Blanche dans Divers

http://www.lecourant.info/spip.php?article987

1eravril 08

 

Triage : le dilemme humanitaire du Dr. Orbinski

 

 

Face à la famine et aux génocides le médecin humanitaire est appelé à faire des choix stratégiques dans une situation d’insécurité importante. Mais derrière le médecin qui doit choisir qui soigner, qui laisser mourir ou vivre comment réagit l’homme contraint de vivre avec de tels choix ?. Diffusé dans le cadre du 6eFestival International du Film des Droits de l’Homme, Triage : le dilemme humanitaire du Dr. Orbinski suit l’ancien président de Médecins Sans Frontière (MSF) dans sa confrontation avec son passé.

 

 

 

 

 

Les tragédies humaines, le médecin et l’homme

 

Le Dr James Orbinski était médecin pour MSF en Somalie durant la plus grande famine du XXe siècle et au Rwanda durant le génocide. Ancien président de MSF, au nom de qui, il accepte en 1999 le prix Nobel de la paix, il travaille actuellement pour Dignitas, organisation dont il est le co-fondateur et qui travaille sur le SIDA en Afrique.

 

Hanté par des choix qu’il ne pouvait éviter, par le souvenir de la barbarie humaine et des scènes traumatisantes, Dr Orbinski rédige aujourd’hui ses mémoires pour militer par son travail intellectuel et faire passer un message : « Il faut agir en humain responsable, respecter la dignité des autres y compris celles de nos ennemis ». Le documentaire signé Patrick Reed, suit le Dr Orbinski au Rwanda puis en Somalie, où il retourne 15 ans après ses missions pour MSF, pour « revoir avec des yeux neufs ce [qu’il a] vécu et l’honorer » et se rendre compte par lui-même de l’évolution des deux pays.

Ce documentaire très personnel éclaire le spectateur sur la difficulté pour l’humanitaire de se relever émotionnellement indemne de tels traumatismes. Le Dr Orbinski, dont le travail en Somalie comme au Rwanda est plus qu’admirable, apparaît comme un être déchiré entre sa vie actuelle et ses souvenirs tragiques. Le besoin de mettre des visages sur les personnes qu’il a sauvé, de se confronter à une nouvelle réalité est sûrement pour lui un moyen d’exorciser les démons qui le hantent aujourd’hui.

 

Triage : le dilemme humanitaire du Dr Orbinski donne une vision peut-être un peu trop héroïque et sacrificielle de l’humanitaire au risque de faire oublier qui étaient les réelles victimes des deux plus grands drames humanitaires du XXe siècle.

 

 

Travail humanitaire et politique, une limite floue

 

Fabrice Weissman, de la fondation MSF et Denis Maillard, ancien responsable de la communication chez MSF, ancien secrétaire général d’Aide Médicale Internationale (AMI), fondateur et membre du comité de rédaction de la revue Humanitaire éditée par Médecins du Monde, intervenaient après la projection du documentaire.

 

Fabrice Weissman :C’est un film très personnel sur le Dr James Orbinski. Il présente une image de sacrifice et de martyr, c’est une façon de vivre l’engagement humanitaire mais ce n’est pas la seule. On a la vision de l’humanitaire comme solution à l’échec de la politique mais, c’est une vision enchantée du monde et qui oublie les drames du monde.

Denis Maillard :J’ai l’impression qu’Orbinski cherche à mettre un visage sur des humains qui ont été déshumanisés. Il n’y a pas de solutions humanitaires aux drames humanitaires mais la politique en est une.

 

Il est vrai qu’à l’heure de la normalisation du travail humanitaire, le rôle des ONG est de plus en plus vu comme celui d’apporter des solutions à des situations mettant les droits, la vie et la sécurité de populations en péril. Bien que le travail humanitaire soit difficilement détachable de la politique, le rôle des humanitaires n’est pas d’apporter des solutions aux problèmes humanitaires mais des réponses temporaires qui doivent être relayées par une réelle proposition politique. Il est difficile de définir clairement à quel niveau se fait la limite entre travail humanitaire et politique. Un humanitaire devant traiter diplomatiquement avec des génocidaires pour protéger des populations civiles ne fait-il pas une action politique locale ? Pour autant est-il possible en restant sur un plan d’action humanitaire simple d’arriver à obtenir des résultats efficaces ?

 

Sur la question controversée de l’utilisation des corridors humanitaires permettant aux secours d’accéder aux populations en détresse en zone de conflit, projet évoqué par Mr Kouchner, Mr Weissman réagit sur la légitimité de tuer pour mener une mission de secours « le shoot to feed c’est un peu contradictoire. La guerre de civilisation devient l’humanitaire dans la bouche de Kouchner. Il faut des corridors négociés de manière pacifiste». La mise en place de corridors humanitaires n’est-il pas une décision politique ? Dès lors le politique servant l’humanitaire et l’humanitaire justifiant l’action d’Etat dans quelle mesure peut-on parler de dissociation entre le travail humanitaire, la politique et l’action de l’Etat ?

 

 

 

 

 

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War made easy: How Presidents & Pundits Keep Spinning Us to Death

Publié le 30 Mars 2008 par Blanche dans Divers

http://www.lecourant.info/spip.php?article983

30 mars 2008

 

 

 

 

 

War made easy: How Presidents & Pundits Keep Spinning Us to Death

Warmade easy: la guerre pour les nuls

 

 

Au travers du documentaire War made easy : la guerre pour les nuls, basé sur le livre War made easy: How Presidents & Pundits Keep Spinning Us to Deathdu chroniqueur américain Norman Salomon, le FIFDH propose une rétrospective sur un demi-siècle de manipulation médiatique et de complicité média/état dans le but de vendre la guerre aux américains.

 

 

Comment accréditer dans l’opinion publique une guerre qui ne concerne pas directement les américains? Comment les média et le gouvernement travaillent-ils de concert pour vendre des guerre à une population marquée par le syndrome Vietnam ? A l’aide de parallèles flagrants entre la couverture médiatique de la guerre en Irak et celle du Vietnam, Loretta Alper et Jeremy Earp, producteurs à la Media Education Foundation (organisation d’analyse et d’éducation aux média), tentent de répondre à ces questions dans un documentaire tourné « à la Michael Moore ».

 

Images chocs, archives criantes de désinformation tendent à montrer que les médias télévisés américains n’effectuent pas un travail d’information mais, par le biais d’une version édulcorée de la guerre, de justification d’un scénario cohérent et solide ne pouvant déboucher que sur une victoire.

Le documentaire réussi bien sa fonction : montrer comment un gouvernement arrive à transformer des guerres inhumaines en guerres indispensables et justifiées par le respect de la démocratie et de la paix mondiale. Objectif plus que réussi par la multiplication des séquences de Johnson à Bush prononçant les termes « bien », « démocratie », « paix » à celles de journalistes des chaînes Fox et CNN parlant de « guerre inévitable », « indispensable », le tout entrecoupé d’images d’enfants brûlés au Napalm au Vietnam, de petites afghanes blessées au visage et de corps d’enfants inanimés. Comment ne pas croire que les américains sont les innocentes victimes de puissances manipulatrices ?

 

Par un montage habile de moments choisis et d’image de guerres sanguinolentes, les réalisateurs feraient presque passer l’ensemble de la population américaine pour des innocents complètement manipulés par leur gouvernement et incapable intellectuellement de se sortir du carcan des médias télévisés. Il est, en effet, regrettable que le documentaire qui se veut être une critique des média américains ne propose aucun regard sur la presse écrite et encore moins sur la diffusion d’informations par Internet. Aucune place accordée non plus aux média indépendants. A en croire Mr Sut Jhaly, producteur et directeur de la Media Education Foundation, qui animait le débat suivant la projection, ils seraient d’ailleurs quasi-inexistants et marginalisés, l’ensemble des médias seraient à la solde du gouvernement, Internet ne serait utilisable que par un nombre limité d’initiés, la vision traditionnelle du journaliste oeuvrant pour l’information juste et transparente n’existerait pas aux Etats-Unis et les seuls évènements à l’encontre du jeu médiatico-étatique se trouveraient être les manifestations anti-guerre. Les américains seraient-ils donc de pauvres innocents illettrés, acculturés et incapable d’initiatives de recherche et d’opposition?

 

Il est évident que les média télévisés américains jouent le jeu de la politique et ont un rôle plus qu’important sur l’opinion publique. Il est plus que nécessaire de signaler ce manque criant de transparence. Mais n’aurait-il pas mieux fallu une analyse acerbe de la situation plutôt qu’un mélange de sensiblerie et de « propagande anti-propagande ». D’autant que le film a pour priorité la diffusion internet – rappelons que cet outil est réservé aux initiés – et le marché européen.

 

War made easy : la guerre pour les nuls sera bientôt mis en vente sur le site officiel du documentaire http://www.warmadeeasythemovie.org

Le FIFDH a choisi de programmer le documentaire sous le titre moins virulent de « War made easy : la guerre pour les nuls » alors que la traduction proposée par le sous-titrage est Vendre la guerre aux américains: comment les présidents et les medias nous entubent à mort. 

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Des monstres qui dorment

Publié le 28 Mars 2008 par Blanche dans Divers

28-03-08 http://www.lecourant.info/spip.php?article970

 

Des monstres qui dorment

 

Le FIFDH, qui se tient en ce moment à Paris, offre un éclairage saisissant sur le désarmement des forces armées hutus au Congo, à travers le documentaire de Markus CM Schmidt et Jan Bernotat : Sleeping Monsters.

 

La deuxième guerre du Congo (ancien Zaïre) trouve ses origines dans le génocide rwandais par l’arrivée massive de membres de l’armée hutu et de nombreux civils.

La République Démocratique du Congo doit composer avec de forces armées perturbantes, les FDLR (Force Démocratique de Libération du Rwanda – Hutus) dans la région congolaise des grands lacs, forces que le pays aimerait voir quitter son territoire. Un désarmement pacifique est-il possible ? Convaincre les hutus de reprendre une vie civile au Rwanda est-il envisageable? C’est la mission qui a été confié jusqu’en 2006 à Eric Besner, ancien officier du désarmement de la MONUC (Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo).

 

Markus CM Schmidt et Jan Bernotat suivent Eric Besner dans cette entreprise difficile qu’est de traiter avec les forces armées, les anciens leaders hutus accusés aujourd’hui d’être des génocidaires, les civils et les forces gouvernementales congolaises.

En collaboration avec Bernard Kalume interprète pour l’ONU, qui côtoie tous les jours ceux qui ont assassiné sa femme, et du général Shujaat, casque bleu, Eric Besner se confronte au discours des hutus qui craignent que leurs vies soient menacées au Rwanda et à celui de ceux qui ne veulent pas rentrer tant que l’image génocidaire leur sera associée. Mais la MONUC et les casques bleus se heurtent également à la volonté du capitaine de l’armée congolaise, le Capitaine Chico, de chasser les hutus de la région et qui par sa manière de procéder sème la panique.

 

Pour Eric Besner, le programme de désarmement et de rapatriement volontaire touchait ses limites au moment de son départ du Rwanda il y a deux ans. Il explique que le départ des FDLR permettrait au gouvernement congolais de contrôler leurs régions minières dans la zone des grands lacs. Pour autant leur présence dans la région permet l’existence d’un trafic illégal de minerais.

 

Des monstres qui dorment a été diffusé la semaine dernière à Kigali (capitale du Rwanda) où il a été, d’après la productrice Régine Provvedi, bien accueilli par le gouvernement. Financé et approuvé à diffusion par la branche allemande de la chaîne télévisée Arte, le film est assujetti à expertise par Arte France.

 

 

Prochaine projection – suivie d’un débat avec l’un des réalisateurs et Yves Lefort, Chargé de projet zone des Grands Lacs au département Afrique du Secours Catholique:

Vendredi 28 mars à 18h00 au cinéma Action Christine, 4 rue Christine 75006 Paris

 

Les passages narratifs du film sont en anglais, les passages qui ne sont ni en anglais ni en français sont sous-titrés en anglais.

 

 

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Paris accueille le 6eme Festival International du Film des Droits de l’Homme

Publié le 27 Mars 2008 par Blanche dans Divers

http://www.lecourant.info/spip.php?article963

27 mars 08

 

Paris accueille le 6eme Festival International du Film des Droits de l’Homme

 

Le 6eme Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) a ouvert ses portes le mardi 25 mars. Jusqu’au 1er avril, trente deux films documentaires suivis de débats avec les réalisateurs, des responsables d’ONG, des journalistes… seront projetés dans les deux salles du cinéma Action Christine à Odéon (Paris).

 

 

Droits de l’Homme, enjeux humanitaires et développement durable

 

Produit et organisé par l’association [A]LLIANCE depuis 6 ans, le FIFDH propose une sélection de films internationaux visant à promouvoir les droits de l’homme, les enjeux humanitaires et le développement durable.

Plus important festival régulier sur les droits de l’Homme, il fait parti du réseau Human Rights Films Network qui, depuis sa création en 2004 ; regroupe plus d’une vingtaine de festivals sur ce thème.

De la Chine aux Etats-Unis, de l’Afrique centrale à l’Amérique du Sud, la programmation du FIFDH aborde des thématiques poignantes et variées allant du milieu carcéral aux crimes de guerres, de l’immigration aux problématiques agricoles.

Un véritable travail de sensibilisation du grand public avec des films marquants, des réalisations transparentes et des débats enrichissants avec les réalisateurs et des spécialistes des questions abordées.

 

Ma fille la terroriste

Dans le conflit qui oppose les forces gouvernementales au groupe séparatiste LTTE depuis près de 30 ans, les personnes les plus craintes par les populations civiles se trouvent être les femmes Black Tigers, véritable commando suicide formé à infiltrer l’administration singhalaise et qui font de leurs corps la plus terrible arme dans cette guerre.

Présente à Sri Lanka de 2003 à 2007, la réalisatrice Norvégienne Beate Arnestad attire l’attention par son film sur les rouages qui conduisent de jeunes personnes à s’engager dans un conflit jusqu’à la mort. Par le portrait de deux jeunes femmes liées par une amitié très forte, elle montre comment la société sri lankaise construit des terroristes.

Entrées dans le mouvement LTTE à l’âge de 12 ans suite à la fuite des combats ou aux décès de leurs proches victimes de raids aériens, Darshika et Puhalchudar sont animées d’une conviction effroyable : faire don de sa vie pour pouvoir démanteler ceux qu’elles considèrent comme les oppresseurs sanguinaire de leur peuple.

Pour elles, il n’y a plus d’avenir possible et la mort est synonyme de victoire, comme le montre Darshika en parlant de la possible futur mission de son amie : « Je n’attendrai pas qu’elle revienne, j’attendrai l’explosion qui détruit l’ennemi ».

 

Articulé autour d’images choc de la guerre et des attentats, le portrait poignant de ces deux jeunes femmes se tourne sur leur formation rigide, leur engagement sans limite en réponse aux conditions de vie des populations tamoules tout en pointant sur un conditionnement effroyable depuis leur plus jeune âge.

 

Intervenant après la projection de mercredi, Aloysius John, responsable du département Asie du Secours Catholique pose la question suivante : « Les conditions intolérables de déplacement des populations civiles, l’avenir incertain, l’angoisse des attaques incessantes entre les deux partis, l’image d’une paix impossible ne contribuent-ils pas à la formation du terrorisme ? »

 

Prochaine projection - suivie d’un débat avec la réalisatrice Beate Arnestad - :

Jeudi 27 mars à 20h45 au cinéma Action Christine, 4 rue Christine 75006 Paris

 

 

 

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Le Sri Lanka, un cauchemar pour les droits de l’Homme ? Colombo en ligne de mire de l’Human Rights Watch

Publié le 21 Mars 2008 par Blanche dans Divers

http://www.lecourant.info/spip.php?article931

21-03-08

 

 

Le Sri Lanka, un cauchemar pour les droits de l’Homme ? Colombo en ligne de mire de l’Human Rights Watch

 

Le dernier rapport de Human Rights Watch concernant le Ski Lanka est sévère : 243 pages intitulé « Cauchemar récurrent : responsabilité d’Etat dans les « disparitions » et enlèvements à Sri Lanka ». Eclairage sur les dernières nouvelles d’un conflit oublié. 

 

Tant dis que le cessez-le-feu à Sri Lanka a volé en éclats et que les combats et attentats se font de plus en plus violents et fréquents sur le territoire, l’organisation américaine Human Rights Watch vient de publier un rapport de 243 pages intitulé « Cauchemar récurrent : responsabilité d’Etat dans les « disparitions » et enlèvements à Sri Lanka ».

 

En 2007, le HRW tirait la sonnette d’alarme avec son rapport « Retour à la guerre : les droits de l’homme assiégés » et Brad Adams le directeur pour l’Asie du HWR déclarait : « Le gouvernement sri lankais a semble-t-il donné le feu vert à ses forces de sécurité pour l’utilisation de tactiques de ‘‘guerre  sale’’ ».

Cette année l’organisation frappe plus fort en accusant le gouvernement de la plupart des disparitions faisant rage sur le territoire, disparitions qui d’après le même rapport auraient conduit à des tortures et des exécutions sans procès.

Le rapport consacre 18 pages aux auteurs de ces faits dont 15 incriminant les forces armées et la police sri lankaise ainsi que les groupes tamouls pro-gouvernementaux contre 3 courtes pages pour le groupe séparatiste des LTTE qui procède régulièrement à des enrôlements de force dans le Nord de l’île. Le rapport ne manque par de rappeler que les victimes sont essentiellement tamouls, mais que les communautés singhalaise et musulmane sont également touchées.

 

"Atmosphère de terreur"

 

La publication du rapport vient à point nommé, précédant de quelques jours des élections municipales surmilitarisées dans l’est du pays et la réunion du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève.

L’Alliance Nationale Tamoule (TNA) a complètement boycotter le scrutin le jugeant anti-démocratique et dénonçant des élections «dans une atmosphère de terreur, d'intimidation, de déportation, de disparitions, de non-participation des partis politiques tamouls traditionnels et de persécution des médias. ». Aucune liste TNA n’a donc été présentée, le député TNA pour le district de Batticaloa déclarant « Si notre parti avait présenté des candidats, ils auraient été brutalement assassinés par les groupes paramilitaires. Même nos camarades députés ont été assassinés. » Effectivement le jour où Colombo dénonce une coïncidence entre la publication du rapport, les élections et la réunion de Genève, le déclanchement « accidentel » d’une mine Claymore provoquait le décès du député de l’Alliance Nationale Tamoule (TNA) pour le district de Jaffna, Mr K.Sivanesan. Un premier député tamoul avait été tué par balle le 1er janvier 2008.

 

"Politique exemplaire ?"

 

Mahinda Samarasinghe, ministre sri lankais des droits de l’Homme, présent à Genève, s’est tout de même dit « fier » du bilan de son gouvernement dans sa lutte contre le « terrorisme » tamoul allant jusqu’à annoncer que la politique Rajapsake pourrait servir d’exemple pour d’autres Etats. Les états en proie aux séparatismes devraient donc suivre l’exemple d’un gouvernement qui ne lésine pas sur l’emploi de la violence sous toutes ses formes pour écraser un groupe séparatiste qui ne vaut pas mieux que lui. Le gouvernement s’essaie à écraser les LTTE en allant de la multiplication des arrestations et rétentions provisoires des tamouls de Colombo à l’ « assassinat accidentel » de politiques en passant par la très forte répression de la presse – Reporters Sans Frontières classe le pays comme le 3e plus dangereux pour les métiers de la presse pour la deuxième année consécutive –. Les LTTE quant à eux continuent les enrôlements de forces, les enlèvements des futurs enfants-soldats, les attentats en tout genre et les actes d’intimidations et de persécutions face aux « récalcitrants ».

 

Disparitions forcées

 

Louise Arbour, Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, rappelait dernièrement au gouvernement et aux LTTE leurs obligations en vertu du droit international et des droits de l’Homme. Aujourd’hui Elaine Pearson, directrice adjointe pour l’Asie du HRW, déclare que « le Président Mahinda Rajapakse, hier avocat des droits de l’Homme, est désormais en train de faire de son gouvernement l’un des pires auteur au monde des disparitions forcées. La fin du cessez-le-feu annonce que cette crise continuera jusqu’à ce que le gouvernement commence à prendre de sérieuses mesures. »

Le rapport accablant du HRW appelle alors le gouvernement à prendre ces mesures rapidement, mesures qui sauraient être la fin des pratiques de « disparitions forcées », une investigation vigoureuse pour tous les cas rapportés, le jugement de leurs auteurs mais également la coopération avec le Haut Commissariat des Droits de l’Homme. Coopération qui aurait l’objectif d’établir une équipe internationale de contrôle des violations des Droits de l’Homme par les deux parties.

Après avoir sommairement prié tous les observateurs de la paix de quitter le territoire en janvier, la réponse du gouvernement à ce rapport a été sans équivoque : aucune enquête sur la violation des droits de l’homme ne doit être conduite sur le territoire si le gouvernement n’en a pas fait la demande. A quoi peut-on s’attendre si personne n’ait en mesure de contrôler ou du moins surveiller le déroulement de la situation et si même la presse ne peut plus travailler sur le territoire ?

 

"Parodies de démocratie"

 

Le HRW ne se contente pas pour 2008 d’incriminer Colombo mais semble mener un combat contre la majorité des gouvernements. Son rapport annuel paru en janvier dénonce la position de l’Union Européenne et des Etats-Unis par rapport à des pays comme la Russie ou le Pakistan. Selon ce rapport les deux grandes puissances tolèrent - voir acceptent – que des « autocrates se posent en démocrates » sans respecter les droits politiques et civils.

Kenneth Roth, le directeur du HRW déclare qu’ « il est aujourd’hui trop facile pour les autocrates de se tirer d’embarras en mettant en scène une parodie de démocratie ». Pour le HRW il est déplorable que des puissances qui se sont construites sur le respect des droits de l’Homme et qui incarne la démocratie ne se battent pas contre la mise en place de tels systèmes et annonce qu’une telle conduite pourrait entacher les droits de l’homme dans le monde.

 

Malaises dans les institutions internationales

 

Mais l’annonce de Louise Arbour, le 7 mars dernier, de renoncer à un deuxième mandat, ne montre-t-il pas plutôt un malaise dans les institutions internationales au contraire de ce que semble dire le HRW à savoir un manque de volonté des puissances actuelles à s’ériger comme combattants des autocraties, régimes militaires et autres dictatures… ? Louise Arbour est la deuxième haute commissaire consécutive à ne pas souhaiter continuer à exercer cette fonction (Mary Robinson n’avait pas reconduit son mandat en 2002, son successeur Sergio Vieira De Mello a quant à lui été tué dans un attentat en 2003). Son annonce survient après une série d’attaques à son encontre de la part de pays qu’elle avait critiqué. Pourtant Mme Arbour avait réussi à amener une nouvelle dynamique au sein du Haut Commissariat, n’avait pas hésité à dénoncer publiquement les actes de certains états et le bilan de son mandat est plutôt positif et encourageant.

A l’heure où les équilibres internationaux se modifient et où des conflits locaux éclaboussent de plus en plus fréquemment la carte mondiale, la proposition de Mme Arbour de choisir le prochain haut-commissaire dans les pays en voie de développement pourrait insuffler une nouvelle fraîcheur dans des institutions qui ont l’air dépassé par la situation tendue du respect des droits de l’Homme.

 

 

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Sri Lanka : 30 ans de conflit sans solution

Publié le 11 Février 2008 par Blanche dans Divers

http://www.lecourant.info/spip.php?article733 (Publié le 11 février 08)

Sri Lanka : 30 ans de conflit sans solution


 

Tour à tour sous le contrôle des Portugais puis des Hollandais, Sri Lanka devient colonie de l’empire britannique des Indes en 1796. Le 4 février 1948, le pays obtient le statut de dominion au sein du Commonwealth, statut qu’il conservera jusqu’au 22 mai 1972, date où il devient la République démocratique socialiste de Sri Lanka.

 

De son histoire post-indépendance à aujourd’hui le Sri Lanka est marqué par un conflit opposant le gouvernement singhalais au groupe séparatiste tamoul des LTTE (Tigres de Libération de l’Eelam Tamoul).

On note souvent le début du conflit dans les années 80. Mais, un regard plus attentif sur l’histoire du pays fait porter une part des responsabilités aux anciens colons et notamment au processus de décolonisation de la couronne britannique. Comment le Sri Lanka de son indépendance à aujourd’hui s’est elle enlisée dans une situation plus que difficilement solvable ?

 

Retour sur un conflit qui oppose depuis plus de 30 ans le gouvernement singhalais au groupe séparatistes des LTTE (Tigres de Libération de l’Eelam Tamoul).

 

 

 

Les origines du conflit…

 

Les premières réactions nationalistes singhalaises remonte aux années 30 et sont déjà marquées par une forte animosité envers les tamouls. Animosité qui trouve son origine notamment dans un certain déséquilibre dans la représentation du peuple tamoul par rapport aux singhalais dans l’administration anglaise. L’influence missionnaire anglicane souleva de nombreuses rancunes au sein de la communauté singhalaise bouddhiste en favorisant la rupture des liens entre cette religion et l’Etat alors qu’elle fut accueillie avec beaucoup moins d’hostilités par les tamouls. Ce n’est alors pas une surprise de voir qu’à l’époque les écoles tamoules furent mieux gérées, que la communauté maîtrisa plus rapidement la langue colonisatrice, devenue langue administrative et accédèrent alors à la plupart des hauts postes de l’administration.

 

Londres décida en 1931 de laisser une autonomie interne à l’île de Ceylan mais c’est la commission Soulbury qui par sa constitution de 1947 énonça les modalités de décolonisation et marqua les bases du conflit en ne prenant pas en compte une possibilité d’écrasement de la minorité tamoule par une majorité singhalaise laissée pour compte pendant près d’un siècle. Le droit anglais, instaurant le système de vote une personne/une voix, favorisa le concept d’un gouvernement de majorité singhalaise. Effectivement le premier parlement de Colombo compta 58 singhalais pour 29 tamouls et 8 musulmans. Dès lors, la politique, l’administration, l’armée, l’économie furent dominées par la présence singhalaise. La crainte de voir s’instaurer une « dictature par la majorité » vit jour dans la communauté tamoule.

 

En 1956, le SLFP (Sri Lanka Freedom Party – Parti Sri Lankais de la Liberté) arrive au pouvoir avec l’appui de nombreux dirigeants bouddhistes et une campagne électorale axée sur la primauté de la culture et de la langue singhalaise ainsi que de la religion bouddhique. Le gouvernement adopte très rapidement une loi - la Official Language Act – déclarant le singhalais comme seule langue officielle et destinée à faciliter l’accès à la fonction publique et à l’université aux singhalais…au détriment des tamouls qui se retrouvent alors exclus de la vie politique.

A partir de l’arrivée du SLFP, de sa décision d’une langue officielle unique et de son projet d’une religion d’état officielle, n’étant autre que le bouddhisme, une volonté de s’affranchir d’un Etat mettant à mal leur identité et d’affirmer leur autonomie apparaît dans la communauté tamoule. Volonté renforcée par la décision de nationaliser les écoles tamoules en 1961 et obligeant donc les Tamouls à apprendre et faire leurs études en singhalais et non dans leur langue.

On voit alors dès la fin des années 60 et le début des années 70, l’émergence d’un militantisme tamoul en réponse à une oppression menée par « une dictature de la majorité ».

 

 

Le schéma répétitif d’un conflit sans fin…

 

C’est dans les années 70 que l’on voit se profiler un possible conflit ethnique dans le champs politique sri lankais.

 

Le 22 mai 1972, le pays quitte le Commonwealth et devient la République Démocratique Socialiste de Sri Lanka. Quatre ans plus tard on voit l’idée d’une nation indépendante – l’Eelam Tamoul- être proposée par le TULF, Front Uni de Libération des Tamouls, principal parti politique de la communauté tamoule. En 1977, le parti se présente aux élections législative en revendiquant la création de cet état indépendant et remporte la plus part des sièges de la zone tamoule. Le TULF est cependant écarté du Parlement par le gouvernement en raison de leur position séparatiste. 1977 est aussi marquée par des émeutes dans le Nord à Jaffna et à l’Est de l’île. 1978, Mr Jayawardene, membre de l’UNP (United Nation Party) et premier président en charge de l’exécutif, fait renforcer la lutte contre ceux qui soutiennent le séparatisme tamoul.

En 1981, la frontière vers un conflit se creuse par une série d’incendies de bâtiments importants à Jaffna : les bureaux des députés des circonscriptions locales, la bibliothèque publique de Jaffna… C’est la disparition de la bibliothèque et les rumeurs de présence de policiers parmi les incendiaires qui entraîne le Sri Lanka et sa politique tourmentée vers une guerre civile.

 

 

 

De 1981 à 1983, une série d’attentats a lieu et c’est suite à l’assassinat de policiers à Jaffna que l’année 1983 est marquée par le « Black July », mois où ont lieu des pogroms anti-tamouls très violents dans l’ensemble des grandes villes singhalaises.

 

1987 voit naître un espoir de retour à la paix par un accord signé avec l’Inde prévoyant une fin au conflit et la ré-officialisation de la langue tamoule. Cet accord prévoyait des concessions aux revendications tamoules…

L’Indian Peace-Keeping Force tenta de rétablir l’ordre sur le Nord et l’Est du territoire. Lorsque les LTTE refusèrent de déposer leurs armes, la force d’intervention indienne tenta de les contraindre provoquant ainsi un conflit avec les tamouls. L’année suivante ce fut le tour des singhalais de protester contre la présence indienne.

 

A partir de 1990, année où la première trêve est rompue, le Sri Lanka suit un même schéma répétitif marqué d’assassinats contre des personnes politiques publiques (allant jusqu’au Président Premadasa en mai 1993), de destructions de structures (explosion en partie de l’aéroport de Colombo en 2001) et d’une tentative de paix échouée au début de l’année 1995 après un record de 14 semaines de paix !

 

En 2002, la présidente Chandrika Kumaratunga, élue en 1994, arrive à un accord de cessez-le-feu avec les LTTE sous l’égide de la Norvège. Au lendemain de la guerre, le Sri Lanka est marqué par une catastrophe naturelle, le tsunami du 26 décembre 2004. Le pays se relève tant bien que mal jusqu’aux élections présidentielles de novembre 2005 et l’arrivée au pouvoir de Mr Rajapakse.

 

 

 

Après deux ans d’une paix hypocrite, retour à la case départ…

 

Le 25 novembre 2005, le nouveau président Mr Rajapakse annonce dans son discours inaugural son intention de revoir les termes du cessez-le-feu de 2002 afin de mettre fin à toutes actions terroristes….et c’est l’escalade de la violence.

Après le report des pourparlers d’avril 2006, une nouvelle table ronde est tenue en octobre à Genève entre les deux parties. Eric Solheim, médiateur norvégien, indiquait à l’époque qu’aucun accord sur les questions humanitaires ou sur une prochaine date de rendez-vous n’avait été pris mais que le gouvernement et les tigres avaient promis de ne pas lancer d’offensives.

 

De ces pourparlers à janvier 2008, les attaques contre les tigres s’amplifient, les attentats contre le gouvernement aussi. La fin de l’année 2007 est marquée par la première attaque aéroterrestre des Tigres contre une base gouvernementale, la base militaire d’Anuradhapura.

Le 2 janvier, après que les accords de cessez-le-feu aient été bafoués pendant plus de deux ans, le gouvernement annonce se retirer officiellement du processus de paix. Le traité est rompu le 16 janvier et les observateurs de la paix Norvégiens et Islandais sont priés de quitter le territoire à la même date.

Dès lors, les deux parties peuvent se livrer officiellement et en toute impunité à une guerre sanglante où aucune solution politique ne semble se dégager.

 

Alors que la violence redouble et que l’anarchie des attaques semble être la réalité de Sri Lanka aujourd’hui, l’APCR (le comité représentatif de tous les partis) vient de remettre au Président Rajapakse un premier rapport de solutions politiques. L’APCR est une création du président en milieu d’année 2006 afin de trouver une alternative politique de résolution au conflit.

Le premier problème de cette commission, censée représenter tous les partis, et qu’elle ne les compte pas tous ! Par exemple la TNA (Alliance Nationale Tamoule) n’y est pas présente. Cette commission non représentative s’appuie sur deux questions : celle de la langue tamoule et donc du 13e amendement de la constitution et celle des élections dans le Nord et l’Est du pays. En quelques sortes, la commission revisite et propose d’appliquer les dispositions qui auraient dû être prises il y a plus de 20 ans à la suite de la rédaction de cet amendement. En ce qui concerne la mise en place d’un conseil intérimaire à la place d’élections impossible à tenir dans le Nord et l’Est de l’île, il s’agit d’une idée en pratique quasi irréalisable. Le gouvernement peut, au mieux, montrer qu’il continue à chercher une solution politique alors qu’une guerre à outrance se déroule sur son territoire.

Mettre en place un conseil intérimaire se relève une mission impossible dans le nord du territoire, tout simplement car il est peu probable qu’un tamoul accepte d’y siéger. Effectivement quelle personne accepterai de se retrouver en ligne de mire des pro-LTTE dans une zone où le conflit fait rage très violemment depuis des années ? Dans l’Est du pays, le problème des élections est autre en particulier car la configuration de la population est différente. Alors que le Nord est à très forte majorité tamoule, l’Est est partagé entre musulmans et tamouls, les musulmans étant opposés au conflit.

Comme l’explique Mr Eric Meyer, historien spécialiste de Sri Lanka, professeur à l’Institut National de Langues et Civilisations Orientales :

« Si les tamouls de la côte Est arrivent à faire entendre leurs voix au coté des musulmans et au coté des singhalais, ils peuvent constituer effectivement une administration provinciale. Et, cette administration provinciale peut prendre en main le re-développement de l’Est ».

 

Une solution politique pourrait alors être mise en place dans l’Est du pays, plaçant alors le Nord comme unique foyer d’une guerre de longue durée. Du côté singhalais, on espère une victoire totale et rapide et le chef de l’armée Sarath Fonseka annonce que « la « fin » des LTTE est certaine pour juin 2008 ».

 

Sur le territoire, le sentiment de peur est mêlé à l’euphorie d’une victoire militaire possible. Les écoles sont fermées à Colombo, les médias sont contrôlés et le public est de plus en plus visé. Le 4 février, jour de l’indépendance, l’attentat de la gare de Colombo a coûté la vie à plusieurs dizaines de personne. Le week-end précédant, c’est la gare routière de Dambullah qui avait été visé et une grenade avait été jetée dans le zoo de la capitale. Bien que la panique se fasse sentir et que la situation n’est clairement pas contrôlée, on croit toujours à une grande victoire militaire possible, suivie ou non d’une solution politique...

 

 

Ce qui est surtout à craindre aujourd’hui est la réaction des civils : les crimes commis par les deux parties, le non respect des droits de l’Homme, la répression politique risquant de faire re-naître les fortes animosités entre les deux ethnies.

Nombre sont ceux qui ont déserté l’armée en emportant leurs armes et qui pourraient créer des noyaux de crises indépendants des raisons de la guerre. Dans un climat d’anarchie, la possibilité de braquages ou de prises de pouvoir locales pour quelconques raisons pourrait entraîner le départ de tirs pour un motif inconnu dans un endroit imprévu. Tirs qui pourraient être de grandes ampleurs si le gouvernement procède comme à la fin des années 80 en armant les civils.

Comme le signale Mr Meyer, « Les choses sont devenues très graves à la fin des années 80, début des années 90 dans des moments où le gouvernement a créé ce que l’on appelle les « home guards » [la garde civile] et qu’ils ont donc distribué des armes (…) les gens se sont servis de leurs armes sans en référer aux autorités.  » Et aujourd’hui, nombres d’éléments pensent à montrer qu’une telle situation peut se reproduire rapidement.

 

 

 

Des conséquences dramatiques sur l’économie et la question humaine à Sri Lanka

 

L’espoir né avec le cessez-le-feu de 2002, de voir l’économie se relever s’est transformé avec la reprise des violences en 2005, leurs amplifications en 2007 et surtout la rupture de la trêve en janvier 2008, en vision de désastre économique total.

Comme le signale The financial Times Limited, une forte économie intérieure s’est développée au cours des dernières années grâce à l’augmentation des exportations textiles, du thé, du caoutchouc…montrant une économie souple et robuste. Mais l’inflation de 16% en 2007, a entraîné une hausse des prix de la consommation de 10 à 11%. Le prix du pétrole a creusé un déficit budgétaire 30%  et les dépenses liées à l’armement risque de brûler le budget de l’Etat. Le gouvernement devra alors faire monter les prix des biens consommables pour palier à cette situation et aggravera la situation de la population dont le pouvoir d’achat s’amenuise déjà de jour en jour. L’économie Sri Lankaise risque de se trouvée tuée par la guerre.

 

Selon le rapport de Walter Kalin, représentant du secrétaire général de l’ONU, présent sur le territoire en décembre 2007, plus de 220 000 personnes auraient fuit les conflits entre avril 2006 et mars 2007. Walter Kalin n’a pu se rendre dans les zones nord et met en cause le gouvernement concernant son impossibilité de se rendre à Kilinochchi, bastion des LTTE, pour parler des problèmes de protection et humanitaires liés au conflit. Kalin observe qu’ «  il existe une tension entre la sécurité impérative et l’humanitaire impératif, et que la clef se trouve dans la balance optimale permettant à la population de vivre à la fois dignement et en sécurité ». Alors que près de 600 000 habitants de Jaffna se trouvent coupés du monde depuis la décision en août 2006 de fermer la nationale A9 qui les relient au reste de l’île et que les prix y ont connu une augmentation de 300%.

 

Devant l’absence des observateurs de la paix et l’interdiction aux journalistes de se rendre en zone tamoule, les attentats se multiplient et se font au grand jour d’une communauté internationale incapable de trouver une solution. Le Japon, l’un des principaux bailleurs de fonds de Sri Lanka, pourrait prendre la relève de la Norvège. C’est ce que semble montrer la visite en janvier de Yasushi Akashi, représentant du gouvernement japonais, pour « discuter avec le gouvernement de la situation actuelle du processus de paix et de son futur ».

Mais, quelle solution pourrait proposer ce pays, là où beaucoup ont échoué ? Politiquement aucune solution n’est actuellement possible, le gouvernement et les tigres s’étant avancés au point où aucun retour sur leurs positions ne semble envisageable.

Les principaux opposants au gouvernement sont contraints au silence. Samedi 9 février a été marqué par la mort accidentelle de l’ancien ministre Mr Sooriyarachchi connu comme étant l’un des deux plus virulents critiques du président au côté de Mr Samaraweera également ancien ministre.

Les médias sont ceinturés et les ONG, dont les déplacements sont réduits, travaillent dans des conditions de sécurité plus que limitées. Le travail de la presse est réduit quasi à néant, la WAN (association mondiale des journaux, basée à Paris et représentant environ 18 000 journaux) classe le pays comme le troisième plus dangereux pour les métiers de la presse en 2007.

Les informations sont de plus en plus douteuses allant de rumeurs d’assassinat du chef des LTTE, Prabakharan, à l’attaque de bâtiments de l’ONU à Kilinochchi en passant par les « prises » des villes aux mains des Tigres par le gouvernement et par les annonces d’attentats plus ou moins crédibles, augmentant ainsi l’incompréhension et la confusion dans les esprits.

 

Dans un conflit remontant à plus de 30 ans, causant la mort de plus 70 000 personnes et la quasi-ruine de l’économie sri lankaise, quelle est la possibilité de voir un retour à la paix possible, si ce n’est par l’écrasement d’un des deux partis par son opposant. Si le gouvernement arrivait à mettre la main – d’une façon plus ou moins violente – sur les dirigeants tamouls, l’organisation pyramidale des tigres serait alors anéantie, réduisant ainsi la possibilité d’attaques stratégiques et coordonnées par des LTTE qui se retrouveraient sans leader. Mais une solution militaire n’est actuellement que peu probable en raison du déploiement des deux troupes, de leur armement respectif et de leur volonté féroce d’anéantir l’opposant.

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