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Ici est ailleurs mais ailleurs est ici...

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Ganesh Chaturthi 2012

Publié le 19 Octobre 2012 par Blanche dans India

Note avant propos: pour une raison indépendante de ma volonté, le fond de l'article est blanc et je n'arrive pas à le modifier. 

 

Enfin!!!!

Voilà des années que je rêve d'assister au festival Ganesh Chaturthi mais forcément je n'étais jamais à Paris à ce moment là ... ou alors... pas en Inde ou pas au bon endroit! Et oui même si le temple parisien de Sri Manicka Vinayakar Alayam organise le festival depuis 1996, même en France j'ai trouvé le moyen de le louper.

 J'avais quand même eu un petit avant goût à Pushkar il y a quelques années mais la foule m'avait empêché de bien voir les immersions (ici) ! 

Et bonheur!!!!! J'ai enfin pu y assister cette année, d'autant que Chennai est l'une des villes où le festival de Ganesh est le plus fêté ! Mumbai étant la ville où les festivités et les processions sont les plus importantes.

 

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Procession, Chennai

 

Vinayaka Chaturthi, comme on appelle le festival au Tamil Nadu, célèbre la renaissance/naissance du Dieu Ganesh, fils de Shiva et Parvati. La naissance, la renaissance... l'anniversaire ? Non, pas exactement, de ce que j'ai compris pour ce genre de festival (comme celui de Krishna par exemple), il s'agit de fêter effectivement et le jour de sa naissance et le jour de sa renaissance alors qu'il est toujours "vivant". Si quelqu'un peut m'expliquer cette subtilité!
Quoi qu'il en soit, notre bon Ganesh fait l'honneur de faire acte de présence terrestre pendant toute la période du festival (renaissance sur Terre?). 
J'ai donc loupé le coche pour parler avec lui de tous mes projets professionnels et personnels, dommage c'est tout de même le Dieu de la sagesse, de la prospérité et de la chance et puis il aurait pu mettre de bon conseil!

 

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Procession bis, Chennai

 

Bon quoi qu'il en soit, la déesse Parvati a choisi de créé Ganesh à partir de pâte de santal qu'elle utilisait pour son bain et d'y façonner son fils, parce qu'elle s'ennuyait (je blasphème mais tout de même...). Ou plutôt parce qu'elle avait besoin d'un nouveau garde devant son hammam ? On ne sait pas trop car on y était pas et d'ailleurs Shiva n'en savait pas beaucoup plus vu qu'à son retour d'on ne sait où il ne connaissait pas son propre fils et vice-versa, ce qui résulta sur une incompréhension totale entre les deux. Et quant on est des Dieux, ça ne pardonne pas.
Shiva coupa donc la tête de Ganesh quand ce dernier lui refusa l'entrée de la salle de bain qu'il gardait. Même Indra participa à la bagarre...  L'intervention du roi des Dieux et seigneur de l'univers pour une histoire de salle de bain, on est pas du tout dans le drama là.... 

Forcément, cet évènement mis Parvati dans un état de rage incontrôlable et dans sa forme la plus terrible - Adi Shakti, l'énergie primaire - elle vociféra qu'elle allait détruire l'univers pour en recréer un meilleur, on a quand même tué son fils, faut pas rigoler avec la vie de son fils! Du coup Shiva, qui se rend compte qu'il est peut-être allé trop loin et qu'il aurait peut-être dû attendre que Parvati sorte de sa douche, part à la recherche d'une nouvelle tête pour son fils. Bien entendu, il tombe sur une éléphante en plein deuil qui pleure son fils et lui propose de coller la tête de celui-ci sur le corps de son enfant décapité. Elle accepte et Ganesh renaît avec sa nouvelle tête d'éléphant !

 

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Lord Ganesha

 

Le festival d'anniversaire a commencé le 19 septembre cette année. Il se tient pendant le mois de Bhaadrapada, 6e mois du calendrier solaire tamoul et du calendrier shaka - le calendrier national indien. En équivalence grégorienne, de la période qui s'étend environ du 23 août au 22 septembre (et là on se demande comment j'arrive à assister seulement une fois à ce festival en 10 ans!).


Quelques mois avant les festivités, des artisans réalisent des modèles de Ganesh en argile de différentes tailles, de très petits à très très grands ! Ce qui peut poser certains petits soucis au niveau du passage sous les arbres. 

 

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Le premier jour du festival, ces statues richement décorées et aux multiples couleurs sont installées dans les maisons et dans les pandals décorés spécialement pour l'occasion (temples temporaires), un peu comme pour Diwali en fait. Enfin, ici on est plutôt sur de la décoration avec guirlandes de fleurs et lumières plutôt qu'avec des petites cuillères (Diwali 2010, c'est ici et  !).

Ganesh Chaturthi s'étend sur 10 jours, parfois un peu plus, parfois un peu moins, ça dépend de la région. Durant cette période vont s'enchaîner prières, chants de mantras, offrandes d'herbes, de fleurs et de gâteaux (il ne faut pas oublier que Ganesh est un grand gourmand). Il a surtout le droit à des modak, un genre de ravioli à base de farine de riz et de blé garni de sucre, de noix de coco râpée, de fruits secs et qui est frit ou cuit à la vapeur. Je n'ai pas eu l'occasion d'en voir (ni d'en goûter) mais cette année il en a reçu un de plus de 20 kilos (23 si je ne dis pas une bêtise!)

 

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Pendant 10 jours s'étendant du jour Bhadrapada Shudha Chaturthi au jour d'Ananta Chaturdashi, Ganesh est adoré. Normalement, le 11e jour, les statues sont portées jusqu'à une rivière ou mieux l'océan lors de grandes processions. Pour Chennai, c'est le 5e jour, je ne sais pas pourquoi.

 

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Ces immersions symbolisent le début du voyage qui ramènera notre dieu éléphant chez lui au sommet du Kailâsa au Tibet. Pour la petite histoire, c'est ici que prend la source de l'Indus et c'est aussi la maison de Shiva et Parvati, d'ailleurs Parvati veut dire "fille de la montagne". Et Ganesh, qui est tout de même une bonne pâte et sympa comme tout emmènera avec lui tous les malheurs de ses dévots. Donc là, je trouve ça totalement injuste. Je suis une grande fan de Ganesh, d'ailleurs je collectionne même plein de statues. Et moi il a pas amené mes malheurs avec lui. Et pourtant je suis même allée faire des trucs de bénédictions dans son temple. Tout cela est totalement injuste. 

Bon revenons en à nos moutons, je vais arrêter de dire des bêtises, j'ai bien peur de me faire punir à force et de finir écrasée par un éléphant. Le rituel de Vijanaya Nimajjanam (en telougou mais je suppose que ça doit être proche en tamoul), c'est à dire d'immersion, a également lieu dans les puits des maisons familiales pendant le festival le 1er, 3e et 11e jour, et à défaut de puits dans une bassine à la maison! Et de manière plus moderne, l'immersion se fait à coup de grues!

 

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A Chennai, les processions sont très encadrées, certaines plages seulement sont autorisées pour l'immersion, les parcours balisés. C'est le truc tendance cette année ici, on encadre tous les festivals pour éviter les débordements de foule, bon en même temps vu le monde on peut comprendre.

 

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Autre chose de très réglementé, et c'est plutôt une très bonne chose, est les matériaux autorisés pour les statues immergées en mer. En effet, l'utilisation du plâtre a un réel impact environnemental tout comme les colorants chimiques utilisés bien trop souvent et qui pour la plupart contiennent des métaux lourds de type mercure ou cadmium. A tout ça on peut ajouter les restes de décorations guirlandes diverses et variées qui vont venir joncher les plages...

Alors que traditionnellement la boue trouvée dans le voisinage était utilisée pour la confection des idoles, la commercialisation de celles-ci couplée à l'urbanisation grandissante entraîne de plus en plus un remplacement de cette matière naturelle par du plâtre de Paris qui n'est pas biodégradable et bien entendu insoluble dans l'eau. Outre le dégât environnemental, ça pose peut-être un peu un soucis de symbolique car l'utilisation de la boue représente tout de même le cycle de la création et de la dissolution dans la nature... 

Et là je sens le sourire pointer sur la figure de ceux qui n'arrêtent pas de me répéter que l'Inde est un pays dégueulasse et que les indiens sont de gros crades, des pollueurs qui n'en ont rien à faire de leur pays et qui d'ailleurs ne prennent aucune mesure sérieuse et... qui s'apprêtent à penser: "AH! j'ai raison même dans leur festivals religieux ils n'en loupent pas une". Je m'emballe mais un Indien pollue tout de même près de 12 fois moins qu'un Français mais cette année j'entends tellement régulièrement ce commentaire des voyageurs de passage que ça a le don de m'énerver au plus au point, vu le niveau de consommation des Français et bref, j'arrête là.

Donc, le festival a certes un impact écologique négatif mais plusieurs initiatives ont été prises au niveau gouvernemental, dont l'interdiction d'immerger des idoles en plâtre, une grande sensibilisation à l'utilisation du papier mâché ou encore à un retour à l'utilisation traditionnelle de l'argile. Ce qui est certes discutable dans le cas du papier mâché si on prend en compte la pollution possible par l'encre mais qui est tout de même beaucoup plus vert comme solution, le papier se dissout très rapidement et évite également une pollution visuelle sur les plages. Ainsi, à Chennai, cette année, les Ganesh étaient soit en argile, soit en papier mâché et avec des structures en paille. 

 

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Structure en paille échouée sur la plage

 

 

Quelques autres clichés de la journée d'immersion...

 

Je voulais faire moins "pâté" et les mettre dans le texte mais déjà que celles de l'article ne collent pas toujours à ce que je raconte la suite des photos maintenant ! 

 

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Ganesh échoué sur la plage - 1

 

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Ganesh échoué sur la plage - 2

 

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Ganesh échoué sur la plage - 3

 

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Forcément....

 

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...quoi qu'avec le vernis c'est pas mal ! 

 

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Même les chiens assistent aux festivités

 

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"O toi Lord Ganesh, reviens nous l'année prochaine ! "

 

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Une journée en ... Andhra Pradesh (pour changer)

Publié le 11 Octobre 2012 par Blanche dans India

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Septembre - Ou le mois où ma copine elle est venue

Publié le 9 Octobre 2012 par Blanche dans India

En rentrant d'Indonésie, Margotine a fait un crochet par Chennai. Au programme, aller-retour Chennai/Mahab' juste pour un diner et dodo, enchainage sur l'école (vous voulez parrainer un enfant? Cliquez!), et une journée épuisante en Andhra où on a visité 60 maisons et c'était crevant!

Mais Margot n'est pas venue juste pour InMaLanka (ici et ici!) mais aussi pour me voir.... et me laisser sa tonne d'habits. Alors si tu pouvais m'expliquez pourquoi tu es partie avec des sous pulls en Indonésie??? Encore le sweat je peux comprendre mais les sous pulls? Et bien entendu, on s'est toujours pas quoi en faire, on va pas les jeter mais je les donne à qui moi tes fringues d'hiver? (je te ramène ton sweat par contre).

 

Margot revieeeeeeeens, tu me manques Choupe!


 

Pondichéry 

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De l'art de la photo mal cadrée (c'est bête, elle aurait pu être bien)

 

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Fourmilière

 

Mahab'

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Nid de corneilles, des oiseaux vraiment bizarres 

 

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Au moins un bébé de quelques jours qui ne finira pas en blanquette! 

 

Chennai

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Plan du train interurbain

 



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August pics

Publié le 3 Octobre 2012 par Blanche dans India

Andhra Pradesh

 

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Mahab'

 

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Combat de mouches

 

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Plein de petits Squirrel, quatre petits Squirrel!

 

 

Independance day, 15 août

 

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Besant Nagar

 

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Les corneilles aussi font des nids (qui finissent sur le trottoir)

 

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Les corneilles aussi prennent des bains (dans les caniveaux)

 

 

Thirumullaivoyal

 

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July pics

Publié le 1 Octobre 2012 par Blanche dans India

Bon je vais tenter de rattraper tout mon retard bloguesque en 2 articles: photos de juillet et d'août!

Petite sélection...

 

Little Angels School

 

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Atelier scoubidou!

 

 

Pondichéry, week-end du 14 juillet

 

Petite série feux d'artifice, et bah je suis toujours aussi nulle...

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Bal des pompiers... enfin non plutôt bal du Lycée Français. Et je pouvais pas faire mieux comme photo...

 

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Et ça tient!

 

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Restes de l'ancien ponton

 

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Mahab'

 

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Nuage de libellules. Bon on voit rien mais c'est tous les petits points

 

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Tribes and dalits, Andhra Pradesh

Publié le 18 Août 2012 par Blanche dans India

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Dizzee world ou le parc qui fait de la peuuuuuur

Publié le 17 Août 2012 par Blanche dans India

Dizzee world, c'est THE PLACE TO BE! Si vous êtes près de Chennai et amateur de sensations fortes, je vous recommande vivement ce parc magique.

De la féerie avec un passage dans une préhistoire où les (deux) dinosaures devaient sûrement tenter de faire une carrière de clown ou bien prendre de l'acide, un petit train pittoresque qui vous amènera dans une forêt enchantée où vous pourrez observer tour à tour: rien, rien, rien, oh un chien qui dort!, rien, un arbre détruit, rien et des feuilles mortes!

Dizzee world, c'est encore et surtout ses manèges où là tu comprends ce que c'est d'avoir peur en manège.... Son "Roll o Roll" où si tu ne te tiens pas tu manques de casser le nez de ton voisin d'en face, sa grande roue où tu ne peux monter qu'à deux par nacelle à cause du risque de décrochage (donc oui oui la grande roue peut faire très peur), ses chaises volantes où tu peux passer de longues minutes à calculer si ta trajectoire va te faire atterrir sur un building ou dans de l'herbe....vu le bruit et l'état des chaînes. MAIS SURTOUT!!! ses montagnes russes où ... tu n'es pas attaché car ça ne fonctionne juste pas... Mais bon "it's ok Sir", Marty a survécu il n'est pas tombé s'écraser la tête à l'envers (bon et puis je suis mauvaise langue, j'étais attachée bien mieux que lui)

Bon rassurez vous, ils ont 6 générateurs énormes pour éviter les power cuts... (c'est écrit sur leur site!)

 

Si vous n'avez pas peur de la mort, les infos ici:

Dizzee World

 

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Retour sur l'indépendance de l'Inde

Publié le 16 Août 2012 par Blanche dans India

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Célébration de l'Indépendance, Little Angels School, Thirumullaivoyal, Tamil Nadu

 

 

 

Le 15 août, l'Inde fêtait le 65e anniversaire de son indépendance. Le Pakistan fêtait, quant à lui, l'anniversaire de sa création le 14 août.

 

C'est l'occasion pour moi de renouer avec des articles un peu rédigés en proposant un petit retour historique sur un évènement qui contribua largement au niveau international au remaniement de la carte géopolitique du monde.

 

L'indépendance de l'Inde et la création du Pakistan en 1947 marque en effet un tournant dans un processus de décolonisation enclenché au XIXe siècle. L'Inde fait figure d'étape décisive dans la chute des empires coloniaux. Son indépendance a en effet lieu à une période associée à une tentative de maintien de la domination coloniale européenne avec, par exemple, l'Indochine française ou encore la Malaisie Britannique.

 

Dès le début du XXe siècle, la couronne britannique a de plus en plus de mal à écraser les agitations nationalistes. Les lois Rowlatt de mars 1919, sont par exemple mises en place afin d'autoriser l'arrestation arbitraire et le jugement des « agitateurs ». Gandhi, très associé à l'indépendance de l'Inde, appelle un hartal général (arrêt du travail) et lance le Rowlatt satyagraha, mouvement de protestation non-violente contre les lois Rowlatt. Ce mouvement entraîne une répression très violente avec un événement majeur: le massacre d'Amritsar.

Connu sous le nom du Jallianwala Bagh massacre, il a lieu dans un jardin public d'Amritsar le 13 avril 1919 à l'initiative du Brigadier-Général Reginald E.H. Dyer. Ce jour-là, Dyer, convaincu qu'une insurrection majeure se met en place, interdit tous meetings dans la ville. Mais 15 à 20 000 personnes sont déjà réunis dans le jardin public de Jallianwala Bagh: des enfants, des femmes, des hommes, des personnes âgées... Il ordonne alors, sans sommation, de tirer dans la foule. Des tirs qui prennent place pendant environ 10 minutes, jusqu'à ce que le stock de munitions soit fini... ce qui résulte en le massacre de plus de 379 personnes, majoritairement sikhs (entre 1200 et 2000 personnes sont également blessés). Ce massacre est un des épisodes décisifs contre les lois britanniques en vigueur et amène une réévaluation du rôle de l'armée et la mise en place d'une politique de contrôle des foules ainsi qu'une utilisation minimale de la force. Mais il marque principalement une rupture sans retour possible dans le dialogue entre les nationalistes indiens et le gouvernement.

 

L'année suivante le premier Asahayog Andolan –mouvement de non-coopération- se met en place. Supporté par le parti du Congrès National Indien, fondé en 1885, il prend place de 1920 à 1922 et est considéré comme le deuxième événement majeur dans la lutte pour l'indépendance, après la révolte des cipayes*, de 1857, également appelée 1ere guerre pour l'indépendance. 

Gandhi prône alors un mouvement contre les anglais au travers de la non-violence – ahinsa -. Le mouvement appelle au boycott des produits britanniques. Plusieurs facteurs amènent à la création de ce mouvement: l'oppression grandissante des britanniques envers les indiens avec comme exemple majeur le massacre d'Amritsar, une économie inégale entre les anglais et les indiens mais également un ressenti d'injustice face au nombre de soldats indiens morts pendant la première guerre mondiale, dans des batailles qui ne concerne pas l'Inde. Ce mouvement de boycott a un impact sérieux sur l'assise politique et économique britannique sur le pays. Des violences entre certains protestants et la police locale entraînant la mort de 25 personnes (3 protestants, 22 policiers) le 5 février 1922, Gandhi estime alors que le mouvement a perdu son caractère non violent et appelle à cesser le mouvement de désobéissance civile. Le mouvement prend fin en début d'année et Gandhi est arrêté le 10 mars pour une durée de 6 ans. Il est soutenu par plusieurs leaders du Congrès alors que de nombreux nationalistes estiment que le mouvement de non-coopération n'aurait pas du cesser.

 

En 1929, le parti du Congrès inscrit à son programme le Purna Swaraj, indépendance totale, après avoir ajouté en 1920 sa première revendication d'indépendance, le Swaraj.

 

De 1930 à 1934 prend place le second mouvement de désobéissance civile. Le 2 mars, Gandhi relance le mouvement de désobéissance civile en appelant de nouveau au boycott des produits britanniques et en réclamant la suppression de l'impôt sur le sel ainsi que la fin du monopole britannique sur sa production et vente.

Selon les lois britannique, seul le gouvernement britannique est autorisé à vendre ou produire du sel. Le 12 mars débute la salt satyagraha –marche du sel- de Gandhi, face au monopole britannique du marché du sel et à la taxe sur le sel. La marche commence à l'Ashram de Sabarmati, près d'Ahmedabad, et reçoit un soutien de masse. Des milliers de personnes se joignent à elle. Elle s'achève le 6 mars au Gujarat alors que le mouvement de désobéissance paralyse l'administration par les démissions massives de fonctionnaires indiens. Le 6 avril au matin, Gandhi ramasse une poignée de sable et de sel, fait bouillir de l'eau de mer et produit du sel, ce qu'aucun indien n'est autorisé à faire et encourage la population à faire de même. Cet acte symbolique marque le mouvement de désobéissance civile au travers de tout le pays. Gandhi est arrêté le 5 mai 1930 pour avoir enfreint les lois sur le sel. Son arrestation provoque des vagues d'émeutes dans le pays. Le mouvement contre la taxe sur le sel s'éteint sur toute l'année et près de 80, 000 personnes sont arrêtées.

Le 12 novembre, la conférence de la Table ronde se tient à Londres sur le statut des Indes britanniques et est boycottée par le Congrès. Les indiens musulmans se tiennent à l'écart de ce mouvement et les premières émeutes intercommunautaires entre hindous et musulmans ont lieu.

Le 5 mars 1931, le Pacte Irwin-Gandhi est signé entre Lord Irwin, vice-roi des Indes, et le Mahatma. Cet accord prévoit que contre la libération des prisonniers politiques (hors ceux accusés de violences) et l'utilisation libre du sel, le mouvement de désobéissance civile sera supprimé et que Gandhi participera à la seconde table ronde à Londres. La signature de ce pacte est peu appréciée en Inde et créée des divergences au sein du Congrès. La table ronde de septembre est un échec dues aux divisions entre les britanniques et les leaders indiens mais également aux divergences d'opinions au sein même des partis indiens. Gandhi démissionne du Congrès en 1934 ne trouvant pas de terrain d'accord qui le satisfassent avec les principaux dirigeants du parti.

 

Dans la fin des années 30 et suite à la signature en 1935 de la Government of India Act, première constitution dans le sens d'une future indépendance de l'Inde, la couronne fait une suite de concessions visant à l'autonomie du pays. Concessions qui ne rendent pas le pays plus autonome, le gouvernement de New Delhi restant subordonné à Londres via l'India Officequi conserve le contrôle de la justice, de l'armée, de la police et des douanes. De plus, les britanniques peuvent compter sur le soutien des 565 Etats princiers, administrés par des souverains indiens, jouissant d'une autonomie locale et sous protection britannique, et qui restent à l'écart de l'agitation nationaliste. Les britanniques arrivent à contenir la situation en jouant également sur la division des communautés religieuses et la réorganisation de la Ligue musulmane dans les années 30, avec à la direction Mohammed Ali Jinnah qui adopte une ligne très hostile au Congrès. Enfin, toute l'Inde garde bien en tête au moment de la lutte pour l'Indépendance la large force militaire britannique qui a possibilité à tout moment d'écraser le moindre soulèvement armé.


En 1939, le vice-roi des Indes déclare la guerre à l'Allemagne au nom de l'Inde. Le Congrès estime alors que, bien qu'hostile au nazisme, l'Inde doit rester à l'écart du conflit et ordonne immédiatement aux gouvernements provinciaux de démissionner.

Bien qu'elle soit rester à l'écart du conflit, l'Inde se retrouve en ligne de front après l'entrée en guerre du Japon (1941) et sa conquête de la Birmanie (1942). La Malaisie et Singapour sont pris en 1942 et 60 000 hommes des troupes indiennes sont capturés par les Japonais. Churchill envoie le leader travailliste à la Chambre des Communes, Sir Stafford Cripps, pour négocier l'adhésion des leaders indiens à la cause des Alliées contre le statut de dominion pour l'Inde. La mission Cripps est un échec, l'Europe se déchire, les leaders l'ont bien compris et comme le dit Gandhi cette proposition est « un chèque en blanc sur une banque en faillite ». Le Congrès adopte alors la Quit India Resolution et.... ses leaders sont arrêtés et le parti est déclaré illégal. Nous sommes en août 1942.

Les dirigeants du Congrès n'ont pas eu le temps de s'organiser, le 9 août les masses indiennes se lèvent réclamant une indépendance immédiate: manifestations, boycotts, grèves, la police tire sur la foule. La situation est hors de contrôle, le soulèvement populaire tourne à la violence dans plusieurs régions et on assiste à la destruction de tous les symboles du Raj: bureaux de poste, gares de chemin de fer mais également bâtiments publics, lignes électriques, ponts.

La répression est immédiate mais il faut six semaines pour mettre à mal le soulèvement, elle est accompagnée de la mort de plus de 1000 indiens, tués par la police et l'armée, cent milles personnes sont arrêtées.

 

A la sortie de la seconde guerre mondiale, alors que la Grande-Bretagne était désireuse de rester en Inde avant la guerre, notamment en vue du remboursement de la dette indienne, la guerre renverse la situation et la couronne se retrouve débitrice suite à ses nombreux emprunts auprès du gouvernement de l'Inde pour financer ses dépenses. La couronne doit revoir ses ambitions à la baisse, les Américains sont favorables au processus de décolonisation et Londres doit accepter leur leadership. Enfin, les rapports entre les communautés sont dans une impasse totale, la Ligue musulmane exige depuis la résolution de Lahore en 1940 la création du Pakistan et les troubles intra-communautaires se font de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. L'Indépendance est devenue inévitable et tout s'accélère.

 

En 1946 Pethick-Lawrence propose au Congrès et à la Ligue Musulmane de diviser le pays en trois groupes de provinces: à majorité hindoue, à majorité musulmane (Penjab, Sindh, provinces du Nord-Ouest, Baluchistan) et musulmane (une partie du Bengale). Ces groupes resteraient dépendant du pouvoir central. La solution n'est pas applicable, les sikhs du Penjab réclamant également un état indépendant. Jinnah et Nehru accepte tout d'abord mais les plans de partage se concluent sur un échec. Jinnah et la Ligue musulmane les rejette. Le Congrès les accepte partiellement.

En août 1946, Calcutta entre dans une grande vague de violences hors contrôle suite à l'appel à la protestation lancé à Calcutta par la Ligue Musulmane. Les protestations dégénèrent totalement et font près de 10 000 morts. En octobre, la Ligue Musulmane se sent trahie par l'accord signé entre le Congrès et le Raj qui prévoit un gouvernement de transition dirigé par Nehru sans la Ligue.

 

En mars 1947, l'arrivée de Lord Mountbatten, nouveau vice-roi, annonce le retrait de la couronne en juin 1948, Londres espérant gagner un peu de temps pour trouver un compromis avec les leaders. Mais, rapidement, il conclut qu'une partition du pays est inévitable. En juin 1947, le Congrès accepte une division de l'Inde mais à la condition que le Punjab et le Bengale soient également divisés arguant sur le fait que ces régions comprennent non seulement des musulmans mais également une communauté hindoue et sikh. En juillet 1947, l'Indian Independance Act est votée par le parlement britannique, elle doit rendre la partition effective dans la nuit du 14 au 15 août 1947.

 

Le 14 août 1947 marque la création du Pakistan comprenant le Pakistan occidental (Pakistan actuel) et le Pakistan oriental (Bangladesh actuel) séparés par des milliers de kilomètres. Jinnah, leader de la Ligue musulmane, devient le gouverneur général du Pakistan où la république n'est proclamée qu'en 1956. Le 15 août 1947, l'Union indienne acquière son indépendance Au moment des indépendances, la frontière n'est pas encore fixée. Elle est tracée le 17 août par la commission Radcliffe, présidée par le juge britannique Sir Radcliffe, et entraîne un éclatement de colère dans la communauté sikh, les lieux saints étant placés du côté pakistanais.

Mais la frontière Radcliffe et la partition du pays entraîne également l'un des plus grand drame du XXe siècle. Les mouvements de population de sikhs et d'hindous qui fuient pour l'Union indienne et de musulmans pour le Pakistan sont accompagnés d'affrontements sanglants entre les diverses communautés. On estime que la partition et l'expression des haines intercommunautaires entraînent à l'époque de 180 000 à 2 millions de victimes dans les provinces du Punjab et du Bengale nouvellement divisées. A une période où l'eau des rivières coulait rouge, les réfugiés sont souvent tués à l'arme blanche, victimes d'attaques de trains circulant sur des voies ferrées sabotées à l'explosif. On compte environ 14 millions de déplacés, dont 10 millions pour le Punjab. Les sikhs et hindous pris de panique à la peur d'être réprimés quittent le nouveau Pakistan, environ un million d'hindous partent de la province pakistanaise du Sind. Alors que les muhajir musulmans, souvent originaires de la classe moyenne, quittent l'Inde pour des raisons idéologiques.

 

Autre drame de la partition: le conflit indo-pakistanais du Cachemire. Les accords d'Indépendance laissent le choix aux 565 Etats princiers de rejoindre le dominion de leur choix ou de devenir indépendant. Le nouveau gouvernement indien réussi à convaincre les princes des Etats situés sur son territoire de rejoindre l'Union, à l'exception du Cachemire, d'Hyderabad et de Junagadh.

Le Jamu et Cachemire, créé au milieu du XIXe siècle, devient sujet de discorde entre les deux nouveaux pays. Bien que l'Etat connaisse une existence calme avec une historique de maharajahs hindous régnant sur une majorité musulmane, il se voit imposer l'obligation, comme tous les Etats princiers, de se rattacher à l'Inde ou au Pakistan. Mais comment faire lorsqu'on est hindou et qu'on s'appuie sur une élite de Cachemiri pandits très hostiles au Pakistan alors que la majorité de sa population est musulmane et que ses principaux liens économiques sont avec le Punjab occidental pakistanais? Devant cette question, le Pakistan tranche: il envoie des guerriers tribaux envahir l'Etat princiers et ceux-ci sèment la terreur. Le maharajah appelle l'Inde au secours, l'Union négocie alors son intervention contre le ralliement du Cachemire à l'Union indienne. Le maharaja n'a plus le choix mais c'est sans compté l'intervention de Mountbatten! Le rattachement ne peut être confirmé que par un plébiscite sous contrôle des Nations Unies. Tout ce micmac débouche sur la première guerre indo-pakistanaise qui s'inscrit dans un contexte militaire singulier avec un chef d'état-major général britannique, un chef d'état major de l'armée indienne et un de l'armée pakistanaise et surtout deux armées subordonnées au même chef d'état-major. Le 1er janvier 1949 un cessez-le-feu est conclu sous l'égide de l'ONU, l'Inde annexe la partie qu'elle contrôle et le Jammu et Cachemire devient officiellement un Etat de l'Union indienne. S'en suivra deux nouvelles guerres pour le contrôle de l'Etat et la mise en place d'une ligne de contrôle qui n'est toujours pas réellement fixée. Le Pakistan quant à lui continu de réclamer l'organisation d'un plébiscite, comme prévu par l'accord de cessez-le-feu, et l'ancien Etat princier pacifiste est aujourd'hui une menace pour la paix de la région.

Quant au Junagadh, il décide de rejoindre le Pakistan alors que son territoire est enclavé dans l'Union indienne. Population majoritairement hindoue dirigée par un prince musulman, le plébiscite de décembre 1947 le fait rejoindre l'Inde.

Pour la principauté d'Hyderabad, la situation est encore différente. Le Nizâm refuse d'intégrer son Etat à l'Union indienne, bien que celui-ci soit totalement enclavé. Il fait appel aux accords pour l'Indépendance et exige la création d'un Etat séparé pour les 18 millions d'habitant majoritairement hindou (ici on a la situation inverse du Cachemire: un prince musulman et une population hindoue). L'armée indienne s'empare de la principauté après une guerre éclaire du 13 au 17 septembre 1948. Le Nizam cesse officiellement de régner en 1950.

 

 

La création du Pakistan et l'indépendance de l'Union indienne marque le début du démantèlement de l'empire colonial britannique et Nehru devient l'un des leaders du mouvement de décolonisation. Nehru place l'Inde sur le devant de la scène internationale comme une puissance politique forte notamment par sa politique de non-alignement à l'heure de la guerre froide.

 


 

*Le 10 mai 1857 une mutinerie des cipayes -soldat indien servant pour la couronne britannique- débute contre la Compagnie anglaise des Indes orientales, elle entraîne un soulèvement populaire violent en Inde et menace le pouvoir de la compagnie. Elle est écrasée le 20 juin 1858. Elle est accompagnée d'une grande période de représailles et de répression de la part des britanniques.

 

 

A la base je voulais écrire quelques lignes, puis je me suis emballée... au résultat j'ai tout de même essayé de résumer les grands événements mais sûrement en faisant quelques raccourcis, et bien entendu sans sourcer (en même temps une partie est écrite de mémoire...). Si jamais quelqu'un voit une aberration, merci de me le signaler! (bon et puis j'ai du laisser passer quelques grosses inepties orthographiques aussi...)


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Métiers chennaites

Publié le 16 Août 2012 par Blanche dans India

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Fleuriste et vendeur de terre

 

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Peintres en bâtiment

 

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Et quel bâtiment! (vous pouvez les repérer au milieu de l'immeuble)

 

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Anil, le casseur de noisettes

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Red

Publié le 15 Août 2012 par Blanche dans India

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