Aujourd'hui, petit cour d'histoire (bon juste les gros points hein, je vais pas m'inventer historienne de la Roumanie en un jour non plus).
Sighișoara est située en Transylvanie. Au XIIe siècle, alors que la région a un statut de voïvodat autonome sous obédience du Royaume de Hongrie, le roi de Hongrie appelle des artisans et marchands d'origine allemande à s'installer dans la cité afin de défendre la frontière orientale de son royaume.
Vous noterez à ce point du sujet que j'ai trop la classe et ai réussi à placer le mot "voïvodat" qui est le territoire d'un voïvode, c'est-à-dire un chef armé ou un haut dignitaire et appliqué à la Roumanie d'un Prince héréditaire. En clair, pour la Transylvanie moyennageuse d'une principauté où règne un Prince hériditaire. Je vous ai perdu?
En 1241, suite à des invasions mongoles (oui ils sont partout), les corporations d'artisans offrent à la ville des fortifications autour de la ville haute, où résident les aristocrates et les bourgeois, et de la ville basse, où ils résident avec les paysans.
Fin du point historique sur le pourquoi du comment Sighișoara se retrouve dotée de fortifications.
88 miles. Bon de deux siècles dans le futur.
Le prince de Valachie s'installe dans la cité pour quelques années, c'est vrai que c'est joli et puis il y a des chênes partout. De 1421 à 1436, Vladd II Dracul vie une paisible vie de famille et à le bonheur d'annoncer la naissance de son fils Vlad III l'Empaleur en fin d'année 1431. Bon en vérité, le dragon était exilé (Dracul vient du mot latin draco, le dragon), le lieu de naissance de Tepeș (notre empaleur) est discuté par les historiens mais il faut noter qu'ils ont la classe avec leur nom dans cette famille! Pour la petite note sur Tepeș, qui veut donc dire l'Empaleur en roumain, son papounet, membre de l'Ordre du Dragon, le surnomma Drăculea, Fils du Dragon (avoué que c'est mignon tout plein). Dracul a un double sens car en roumain il veut dire diable, c'est de ce sens là que l'Empaleur gagne le surnom de Dracula: le diable. Bien qu'il n'ai jamais bu de sang (enfin ça c'est pas sûr), son histoire permis de vampirisé son personnage à des fins littéraire.
Revenons à l'histoire de la cité qui en fait l'une des villes les plus importantes de la Transylvanie pendant plusieurs siècles du fait de sa position stratégique au limite du royaume de Hongrie.
Transition temporelle réussie.
Au XVe et au XVIe siècle, sous la pression des turcs, les remparts sont surélevés et l'économie reste dominée par les marchands allemands. Evènement important, en 1526 la Transylvanie devient une principauté quasi-indépendante vassale de l'Empire Ottoman.
Au XVIIe et XVIIIe siècle, ça ne se passe pas très bien. La cité passe au travers des flammes, éteintes par un peu trop d'eau, la terre tremble et se fait même envahir par la peste. Beau record en deux siècle. Au passage en 1699, la Transylvanie devient un archiduché au sein de l'Empire d'Autriche.
En 1867, la région est réunie à l'Autriche-Hongrie et elle rejoint la Roumanie suite au traité de Trianon en 1920. Elle est ensuite occupée par les hongrois de 1940 à 1944 avant de rejoindre une nouvelle fois la Roumanie en 1945. Ca, c'était la note "Transylvanie, région ballotée au long des siècles".
Bon et sinon le centre de la ville est une cité médiévale classée au Patrimoine mondial de l'Unesco. Les murailles de la citadelle font 930 mètres de long pour une hauteur de 8 à 10m. Elles ont été construites entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Sur les quatorze tours d'origine portant chacune un nom de corporation (tour des Fourreus, des Bouchers, des Tailleurs, des Ferblantiers...), neuf subsistent aujourd'hui.
Voilà pour cet article contextuel totalement décousu que je dédicace à... Delon!
La Tour de l'Horloge, porte d'entrée de la ville, fut une tour défensive du XIIIe au XIVe siècle.