C'est l'histoire d'un jeune homme de 23 ans. Il est en formation électricien. Vendredi 6 janvier, il rend visite pour le week-end à sa mère. Il fait un tour de scooter et chute.
C'est l'histoire d'un jeune qui se rend donc à l'hôpital pour une radio, un vendredi soir aux environs de 21h.
Vers 3h du matin, devant les urgences, il fume une cigarette en attendant le résultat de sa radio. Il est tard, il est fatigué, il a mal, il attend. C'est alors que deux hommes arrivent, ils l'attrapent pas le collet de sa veste. Le jeune leur demande qui ils sont et leur demande de le laisser tranquille, il s'énerve et retire la main de l'un des hommes. Erreur, grossière erreur de la part de notre jeune, ce sont deux policiers en civil.
C'est l'histoire d'un jeune qui se retrouve à terre, pieds et mains menottés avec deux policiers en civil et trois en uniforme qui lui tombent dessus. Ne comprenant rien à la situation - rappelons qu'à la base il fumait juste une cigarette - il se débat. Les policiers l'étranglent par deux fois, le porte à demi conscient dans leur fourgonnette.
Notre jeune demande à ce qu'il fasse attention à sa main, il a le pouce cassé et il en formation électricien! Il se retrouve avec une phalange écrasée et une fracture du pouce amplifiée. Il se fait rouer de coups. Arrivé au commissariat, il demande à faire attention à sa montre et son bracelet de valeur. Deuxième erreur, la montre est cassée, le bracelet découpé (il retrouvera également à sa sortie son cuir avec une belle découpe au ciseau). Mais on ne va pas s'arrêter en si bon chemin, il a déjà mal mais se retrouve, il ne sait pas comment, projeté la tête la première au sol et gagne une plaie à la tête.
Il est environ 5h du matin, retour à l'hôpital où on le désinfecte et lui pose une attèle d'urgence. Retour au commissariat où notre jeune sera laissé en cellule jusqu'à 18 heures.
Avant de partir, on l'informe que deux plaintes ont été posées contre lui pour violence à agents, le premier ayant mal au poignet, le deuxième ayant une griffure au visage soit disant causé par le jeune qui réfute les faits.
Notre jeune cabossé se rend au commissariat du Ve pour porter plainte. Loupé! On ne peut pas poser une plainte contre des policiers qui ont déjà posé plainte.... Direction l'IGS (la police des polices) où il est écouté et où sa plainte est enregistrée bien qu'on lui signale qu'elle finira sûrement en non lieu... Pour autant, l'IGS le dirige sur convocation de leur part vers les urgences médico-judiciaire de l'hôpital Hotel Dieu. Le médecin légiste lui donne 15 jours d'I.T.T..
Notre jeune se rendait donc à l'hôpital suite à une chute de scooter et se retrouve avec deux plaintes sur le dos, des côtes fêlées, le corps bleuté, une main dans le plâtre, l'autre avec une attelle, une plaie au crâne et un mois et demi d'arrêt de travail alors qu'il est en pleine formation. C'est cher payé la cigarette, vous ne trouvez pas? Est-il en tord d'avoir envoyé ballader deux inconnus qui le chahutait? Il aurait sûrement du utiliser ses dons de clairvoyances pour démasquer deux policiers en civil...
Ca se passe à Paris, en 2012.
EDIT: Mardi, notre jeune se rendait au Palais de Justice. Deux choix lui ont été proposés: accepter un rappel à l'ordre et dédommager les deux policiers à hauteur de 75 euros OU refuser et passer au tribunal correctionnel. Le procès verbal de sa garde à vue le décrivant comme quelqu'un de violent, il accepte car il n'a que peu de chance de gagner en correctionnel et il risquerait même de perdre... Le rappel à l'ordre figurera 3 ans sur sa fiche signalétique et son casier judiciaire reste vierge. Ici il est intéressant que tout se passe en civil et non en pénal et que le jeune adressera donc 75 euro par chèque à l'ordre de chacun des policiers.... qui ont bien gagné leur soirée. Un moyen d'arrondir ses fins de mois dans la police???
L'histoire des deux plaintes contre le jeune est donc classée. Il s'engage maintenant dans un long combat contre ses aggresseurs, son avocat a également déposé une plainte contre les deux policiers. L'affaire peut prendre trois ou quatre ans avant de se faire juger.