Pancarte affichée dans les établissements médicaux disposant d'un service de gynéco
Pays présidé par une femme depuis 2007, Pratibha Patel, pays d'Indira Gandhi, première ministre de 1966 à 1977 puis de 1980 à 1984, l'Inde reste un pays où la discrimination de genre est très présente.
Aujourd'hui, la population masculine indienne reste supérieure à la population féminine et ce pour diverses raisons: l'élimination des enfants filles à la naissance, les nombreux cas de dowry death, ces femmes tuées afin d'éviter de payer une dot trop coûteuse et encore de nombreux cas non élucidés de décès avant l'âge adulte. Il est question de dot, également d'une vision traditionnelle de la femme comme "être inférieur" ou pire comme "mauvais investissement" En 2001 (oui je sais mais chiffres datent...), on comptait plus de 35 millions d'homme que de femme en Inde.
Pourtant l'Inde est également marquée de progrès, notamment sur la question du foeticide en raison du genre. En témoigne la loi de 1994 relative aux techniques de diagnostic prénatal (et amendements).
En effet, l'Inde interdit d'interrompre une grossesse en raison du sexe du foetus. Promulguée en 1996, la loi de 1994 a pour vocation d'enrayer le déséquilibre démographique de genre et de mettre un terme aux avortements sélectifs. Ainsi, elle interdit et sanctionne le recours à toute forme de technologie pour déterminer et divulguer le sexe du foetus. Mais pas que! Egalement sont interdites et sanctionnées: les pressions exercées par les proches sur la femme pour qu'elle réalise un diagnostic prénatal pour connaître le sexe du foetus, les publicités liée à la détermination du sexe. Pour autant, la loi autorise les diagnostics prénataux concernant la détection d'anomalies génétiques ou lors de complications, tout en restant des pratiques excessivement encadrés: utilisation uniquement par des institutions spécifiques enregistrées et du personnel qualifié.
La loi prévoit également des peines d'emprisonnement allant jusqu'à cinq ans, confiscation du matériel, amende jusqu'à 1000 euros...
Une loi, un gros progrès, mais pas assez d'activisme en Inde pour voir un vrai changement s'opérer dans les mentalités.