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Ici est ailleurs mais ailleurs est ici...

Lotus Temple, Delhi. Avril 2014

Publié le 6 Avril 2014 par Blanche in India

Comme certains le savent déjà, me voilà de retour en Inde pour une nouvelle mission. Mission assez courte cette fois-ci : 4 mois que je partagerai entre la capitale New Delhi et le sud du Madhya Pradesh.

 

Bien que je dois en être à mon vingtième passage dans la capitale, je ne suis pas une grande adepte de New Delhi, ni des mégalopoles en règle générale. Mais comme j’ai un moment à passer ici, j’ai quand même du me motiver pour faire un petit tour en ville…. Et me voilà partie en expédition au Lotus Temple. En expédition car j’avais prévu de faire l’aller en rickshaw et le retour à pied, à l’aide d’un plan accompagné de points de repères pour demander mon chemin. Bon il va de soi que je me suis monumentalement perdue et que le retour m’a pris près de 3 heures.

J’étais bien partie et presque arrivée quand j’ai eu la mauvaise idée de demander mon chemin à deux personnes qui m’ont envoyée dans le sens inverse de chez moi et à une troisième dont l’explication était à peu près en accéléré avec l'accent indien "ok you go straight, 2nd left, 1st right, dead end, right, dead end, left, 2nd right, 1st left". J’ai fini par me faire ramener un bout de chemin par une maman qui bossait aux Nations Unies et ses deux filles (dont l'une est championne nationale de tennis) qui a pris peur pour moi car… je n’avais pas de bombe au poivre et que 19h c’est trop tard pour être dans la rue seule (dans un quartier bourré de monde of course, les histoires de viols ont laissé des séquelles à Delhi). Tout ça pour me coller dans un bike rickshaw (alors que je suis contre l'utilisation des bike rickshaw mais bon elle m’aurait pas laissé partir sinon….) avec qui j’ai mis un long moment pour trouver mon chemin. Ce qui est un peu de ma faute vu que je me suis évertuée à l’envoyer dans le mauvais quartier. Bwef.

 

En quelques années, Delhi a pas mal changé. Des routes lisses, une ville propre (comparé au reste de l’Inde), un trafic correct (comparé à Chennai), des filles en jupes et surtout des MacDo/Subway/et autres merdes qui ont poussé un peu partout, beaucoup trop partout en fait.

Mis à part les quartiers des temples principaux, je trouve toujours que Delhi reste une ville assez impersonnelle. Mais bon j’imagine que c’est une question de goûts et de couleurs.

 

Pour ma petite escapade, j’ai donc décidé de me rendre au Temple du Lotus que je n’avais, jusqu’à présent, pas eu l’occasion de visiter.

Mais qu’est-ce que le Temple du Lotus ? Un temple hindou ? Jaïn ? Et non! C'est le temple mère d’Asie du Sud du culte Bahaïste.

Tout le monde connaît bien le bahaïsme, n’est-ce pas ? Non? Comme c'est étrange!

Le bahaïsme est une religion très récente, en fait l'une des plus récente. En effet, elle fut fondée en Perse par Mīrzā Ḥusayn ʿAlī Nūrī, alias Bahāʾ Allāh, en 1863. Elle est inspirés du babisme (doctrine persanne fondée en 1844) et est gouvernée par la Maison Universelle de Justice constituée de neuf membres. Les adeptes du bahaïsme croit en un unique Dieu éternel.

Aujourd'hui, le bahaïsme, dont le centre mondial se trouve à Haïfa en Israël, compterait près de 7 millions de personnes, issus de 2100 groupes ethniques et répartis sur près de 190 pays. Le centre de Haïfa recense 100 000 centres bahaïstes. Le bahaïsme est considéré comme la douxième plus grande religion du monde.

 

Le bahaïsme est très répandu en Inde et au Proche Orient, notamment en Iran, également aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique. En Iran, où la communauté compterait 300 000 fidèles, elle est officiellement la seule religion persécutée. Considérée comme une hérésie et une secte discidente de l'Islam, ses fidèles seraient des "infidèles non protégés". Le cas du bahaisme en Iran étant assez complexe et dépassant mes connaissances, je vous laisse vous plonger dans de plus amples recherches si le sujet vous intéresse.

 

Le Bahāʾ-Allāh, considéré comme le dernier prophète de toutes les religions, invita par lettre les principaux chefs d’Etat de l’Europe à se joindre à lui pour établir la paix et religion universelle. Exilé à Saint-Jean-D’Acre en 1868, il y écrit ses œuvres et y meurt en 1892 confiant à son fils et ses disciples le rôle d’unir tous les croyants du monde.  Son fils aîné, Abbās Effendi (1844-1921), et ainsi proclamé ʿAbd-al-Bahāʾ. Terme traduit par « esclave au service de la splendeur de Dieu », rien que ça!

On doit à Abd-al-Bahā l'écriture des grands principes sociaux du bahaïsme: l'unité de la race humaine; la recherche indépendante, personelle et individuelle (en gros ne pas agir comme un mouton); une base commune à toutes religions; la religion comme cause d'union et d'harmonie entre les êtres ; l'harmonie entre science et religion; l'égalité homme-femme (bien qu’elles ne soient pas éligibles comme membre de la Maison Universelle de Justice et exemptent de certaines obligations religieuses); le refus des préjugés ; la paix universelle ;  l'éducation universelle obligatoire ; la résolution des questions sociales et économiques mondiales (là, il tape haut tout de même), la création d'une langue et écriture internationale ; la mise en place d’une cour permanente d’arbigrage au niveau mondial (encore plus haut). 

Ndlr: merci à wikipedia pour cette liste!

Bien que la religion place la barre très haut avec ses envies d'être à la tête de la paix mondiale, la communauté internationale Bahá’íe a tout de même le statut d’ONG auprès de l’ONU depuis 1948, le statut consutlatif auprès de l’ECOSOC (conseil économique et socia de l'ONUl) et de l’UNICEF depuis 1970 et est en relation avec l’OMS et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environment). Fort! 

 

Le Temple du Lotus quant à lui est donc considéré comme la Maison Mère de l'Asie du Sud et est situé au sud de Delhi, à Bahapur. Il s'agit d'une des huit maisons principales d'adoration et est ouvert à toutes les croyances. D'ailleurs avant d'entrer dans la salle de prière il est rappelé que quiconque veut prier peut, qu'importe sa religion, mais ceux qui ne veulent pas sont priés de partir sur le champs. 
On doit sa construction à l'architecte Fariborz Sahba. Le lotus géant consituté de 27 pétales sur 9 côtés a éclos (yeay) en 1986 après 6 ans de travaux. Il se veut être un endroit de méditation, où aucun rituel religieux ne peut avoir lieu. Seuls les textes bahaistes ou issus des "révélations divinent antérieures" peuvent y être lu.

Lotus Temple, Delhi. Avril 2014
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